Recherches historiques

Bibliothèque

Recherche par Jean-Claude Coutu

Depuis le milieu du 19e siècle, à Mascouche comme dans bien des villages du Québec, la bibliothèque en dehors des grands centres était l’affaire de la paroisse et de la commission scolaire. Le collège et le couvent du village et plusieurs écoles de rang de Mascouche possédaient une bibliothèque plus ou moins bien garnie. Ainsi en 1951, sous la responsabilité bénévole de mademoiselle Rita Perreault, la bibliothèque paroissiale de Saint-Henri de Mascouche, située au sous-sol de l’église, comptait tout au plus une centaine de volumes; c'était principalement des livres religieux, des encyclopédies et des almanachs, des biographies et des romans soigneusement choisis et autorisés.
Illustration: Carl Tétreault, Collection SODAM
 
Bien que la première loi des bibliothèques publiques au Québec ait été votée en 1959, le besoin d’une bibliothèque à Mascouche ne s’est manifesté que 20 ans plus tard. Plusieurs propositions comme la transformation en bibliothèque de la maison Soucisse ou de l’ancienne porcherie des soeurs de la Providence ne se concrétiseront pas. Et ce n’est qu’en 1980, dix ans après avoir reçu le statut de ville et après deux ans d’études, qu’un comité de citoyens de Mascouche dépose un rapport favorable à la création d’une bibliothèque municipale. Au printemps suivant, la bibliothécaire Diane Allard est embauchée et s’installe dans un local de la salle paroissiale de la rue Dupras.
 
Mais la population est divisée et les élus hésitent. Par une grande majorité, un sondage appuie le projet tandis que la Ligue des propriétaires de Mascouche y est farouchement opposée et que d’autres insistent sur l’occasion d’obtenir une subvention gouvernementale supérieure à 50 % des coûts de construction. Coup de théâtre à l’automne 1982, le conseil fait volte-face et vote pour l'abolition du service de bibliothèque : les livres déjà achetés sont entreposés et la directrice renvoyée. Dernier rebondissement au printemps 1984, lorsque le nouveau conseil municipal, convaincu de sa nécessité, adopte un règlement pour rétablir le service et, entre autres, réengager la bibliothécaire.
 
Mme Huguette Lévesque Lamoureux apposant sa signature sur la pétition pour obtenir une bibliothèque à Mascouche.
Comité du 250e anniversaire de Mascouche, Collection Huguette Lévesque Lamoureux
 
En 1985, la bibliothèque ouvre enfin ses portes dans un local commercial du 2685 chemin Sainte-Marie, inscrivant rapidement 400 abonnés. L’inauguration officielle a lieu le 31 janvier 1985 en présence de Clément Richard, ministre des Affaires culturelles du Québec. Mais les besoins sont grandissants et l'on songe très tôt à un édifice répondant davantage aux attentes des utilisateurs. Bien qu’une nouvelle subvention ait été demandée dès 1990, il faudra patienter jusqu’en 1998 avant de l’obtenir.
Intérieur de la première bibliothèque située sur le chemin Sainte-Marie
Photo: Huguette Lévesque Lamoureux / Collection Ville de Mascouche
 
Au printemps 1999, selon les plans de l'architecte Gilbert Viau, de la société Viau, Bergeron et les devis de la firme d’ingénierie Vallée, Lefebvre, les travaux de construction de la nouvelle bibliothèque ont été réalisés promptement par l'entrepreneur général L'Archevêque et Rivest de Repentigny. D’un coût de 2,4 millions $ assumés à 70 % par le Ministère de la Culture et des Communications du Québec, le récent édifice de deux étages de l’avenue des Ancêtres situé au coeur du noyau institutionnel a ouvert ses portes le 4 décembre 1999. En janvier 2000, L’envolée imaginaire, une oeuvre d’art signé Jan Stohl, a été mise en place; elle représente un globe dont les extrémités forment des mains ailées qui rappellent l’orientation des quatre points cardinaux et l’interaction des divers éléments dans l’univers.
 
Au printemps 1999, les travaux de construction de la nouvelle bibliothèque, réalisés selon les plans de l'architecte Gilbert Viau.
Photo : Huguette Lévesque-Lamoureux/Collection Ville de Mascouche
 
Récupéré au manoir seigneurial de Mascouche, le plâtre du buste de Pierre Le Gardeur, premier seigneur du sol mascouchois en 1647, a été restauré en 2001 pour être exposé en vitrine dans la salle du foyer de la bibliothèque à l’automne 2002. OEuvre de l’artiste Louis-Philippe Hébert, il a servi au coulage du bronze exécuté par la fonderie Roman de New York, qu’on peut voir en face du presbytère Saint-Henri. Ce monument avait été commandé en 1910 par un groupe de Montréalais originaires de Mascouche pour marquer le 160e anniversaire de la paroisse.
Buste platre PLG, crédit Marie-Claude Lapointe
 
C’est en janvier 2007 que la bibliothèque de Mascouche a souligné son trois millionième prêt de document depuis 1984. Actuellement, 11 000 abonnés actifs ont accès à une collection de près de 85 000 publications. En 2014, 160 000 $ ont été alloués pour l’acquisition de nouveaux titres.  Les documentaires, biographies, romans, journaux et magazines, recueils sonores, bandes dessinées, CD, DVD, jouets et autres, autant pour les enfants, les adolescents ou les adultes sont facilement accessibles. De plus, la bibliothèque présente des conférences et des activités d’animation comme l’heure du conte, le club de lecture, la rencontre d’auteurs ou des ateliers thématiques. En outre, des services additionnels sont désormais disponibles en ligne.
 
La bibliothèque est ouverte sept jours par semaine depuis l’automne 2013 et d’importants travaux de réaménagement intérieur et extérieur se sont poursuivis cette année pour mieux répondre aux besoins des usagers.
 
Intérieur de la nouvelle bibliothèque municipale.
 
 
Extérieur de la bibliothèque municipale en 2014.
 
Recherches historiques et iconographiques: Jean-Claude Coutu, septembre 2014
 

Boucherie Patenaude

Recherche par Jean-Claude Coutu

Sur le côté du restaurant Pizza Maximum sur la rue Dupras à Mascouche, se trouve une murale historique qui a été  inaugurée en juillet 2016 et qui évoque la boucherie d’Ovila Patenaude telle qu’on la retrouvait à l’époque. 
 
La scène se déroule entre 1933 et 1940 en plein cœur du village de Mascouche, au coin des rues Dupras et Sainte-Marie.  C’est ici même qu’Ovila Patenaude tenait boucherie dans ce bâtiment appartenant à sa mère Philomène Beauchamp. Cette dame était aussi la mère de Wilfrid A.-Bohémier qui a été gérant de la Caisse populaire de Mascouche durant de nombreuses années, secrétaire-trésorier de la municipalité ainsi que maire de Mascouche de 1962 à 1965.
 
Sur la murale, on aperçoit Almazor Allard, charretier, chauffeur de taxi et livreur de ‘’malle’’ de Mascouche, saluant de sa casquette les villageois passant par là.  Parmi eux se trouve Gérard Mathieu, médecin de Mascouche de 1919 à 1951 et coroner du comté de l'Assomption; le curé Félix Poirier responsable de la paroisse de Mascouche de 1931 à 1937; Uldaric Corbeil, voisin arrière de la boucherie, qui a été élu plusieurs fois conseiller municipal, maire de Mascouche en plus d’avoir été propriétaire, avec son frère Calixte, du domaine seigneurial de Mascouche durant 50 ans jusqu'à sa vente en 1930; enfin, on reconnait Sœur Pierre-l’Ermite, entièrement dévouée aux tâches d'économe du couvent des Sœurs de la Providence de Mascouche de 1923 à 1947 et des travaux de la ferme que les religieuses possédaient au sortir du village.
 
En 1940, Wilfrid A. Bohémier, le demi-frère d’Ovila Patenaude notre boucher, tenait déjà une épicerie de l’autre côté du pont, face à l’église. Il a dû racheté la boucherie d’Ovila et sa résidence pour venir en aide à sa mère Philomène Beauchamp qui éprouvait alors de sérieuses difficultés financières. La famille a quitté Mascouche et Ovila est parti travailler à la Canada Packers de Montréal jusqu’à son décès en 1973. 
En 1943, M. Bohémier a été nommé gérant de la nouvelle Caisse populaire de Mascouche laquelle a été déménagé à même son logement attenant à l’étal de boucher. 
 
En 1946, le commerce et la résidence sont vendus à Arthur Janson, qui en exploite à son tour la boucherie.  C'est lui qui aurait construit l'édifice actuel peu après l'incendie de 1951. En 1954, Marcel Duval l'a acquis et va l'exploiter sous la bannière des marchés d'alimentation Richelieu. Vingt ans plus tard, en 1974, la forte croissance de l’entreprise nécessite un local moderne et plus grand;  le marché a alors déménagé sur le chemin Saint-Henri.
Par un curieux hasard, le site de l’ancienne boucherie Patenaude a alors été racheté par Roland Chaput, un des petits-fils de Philomène Beauchamp, afin d’y exploiter un dépanneur, la Tabagie Roland. Loué et revendu à plusieurs reprises sous ce nom, le restaurant Pizza Maximum s’y est installé depuis la fin des années 1990 jusqu’à aujourd’hui.
 
 
On aperçoit ici la boucherie Ovila Patenaude au milieu des années 1930. Elle était située au coin des rues Sainte-Marie et Dupras; la rue Dupras s'appelait initialement ''rue Nouvelle'' au milieu des années 1910, parce qu’il y avait belle lurette qu’on n’avait pas eu une nouvelle rue à Mascouche !
Photo: Collection Ville de Mascouche / Fond Huguette Lévesque-Lamoureux

 

Ovila Patenaude

Au fond de la murale, Ovila va bientôt ouvrir la lourde porte de la glacière pour rapporter sur son épaule un énorme quartier de bœuf qu’il va lancer pesamment sur l’étal du boucher. Après avoir affuté ses couteaux, il va habilement désosser la pièce de viande pour en ressortir un rôti ou encore d’appétissantes tranches de steak, qu’il va déposer sur un papier ciré et envelopper de deux épaisseurs de l’Action populaire de Joliette de la semaine passée. La viande sera ainsi prête à être livrée avec le reste de la commande téléphonique. Eh oui! Vous pouviez le rejoindre en demandant le 46 à la réceptionniste, une des filles d’Herménégilde Locas, le propriétaire de la Compagnie de téléphone de Saint-Henri-de-Mascouche.
 
Photo: Collection Ronald et Simone Boivin
 

Philomène Beauchamps

La mère d’Ovila Patenaude, Philomène Beauchamp, qu’on aperçoit à la fenêtre de la résidence, s’était mariée trois fois et était devenue consécutivement madame Bohémier, Patenaude et Lortie. Elle demeurait sur le chemin Saint-Henri, un peu avant le chemin Saint-Pierre. À l’automne 1932, elle a acheté cette propriété d’Oscar Dupras, un ancien maire et président de la commission scolaire de Mascouche, celui-là même qui avait ouvert la rue Nouvelle. L’ancienne boutique de forge située à l’arrière de la résidence est alors réaménagée pour permettre à son jeune fils Ovila, issu du deuxième lit et âgé d’à peine 21 ans, d’exercer son métier de boucher de 1933 à 1940. 
 
Photo: Collection Simone Boivin-Patenaude  
 

Dr Gérard Mathieu

À l’extrême gauche, le docteur Gérard Mathieu, aujourd’hui reconnu comme le dernier médecin de campagne de Mascouche, s’y était installé pour remplacer les deux docteurs Lamarche qui avaient quitté la paroisse peu de temps après la fin de la Première Guerre mondiale. Issu d’une famille de douze enfants de Lachenaie, ce n’est qu’à l’âge de 15 ans, qu’il a poursuivi ses études au Collège de L’Assomption pour éventuellement obtenir son diplôme à la faculté de médecine de l’Université de Montréal. Comme il l’a écrit : « J’étais le sixième et les autres étaient partis avant moi; j’suis resté pour aider mon père qui avait une grosse besogne, car il possédait une grande ferme avec huit chevaux et vingt à vingt-cinq vaches laitières. » Également coroner du comté de l'Assomption, il pratiquait ses autopsies au rez-de-chaussée de la salle paroissiale de la rue Dupras. Très impliqué dans la vie communautaire de Mascouche, il était aussi un des principaux organisateurs des soirées de loisirs qui avaient lieu à l’étage.  Depuis 1934, il demeurait tout près d’ici, la maison qu’on voit de biais en face du presbytère. Ce matin de juillet 1936, il s’enquiert de l’état de santé de deux de ses illustres patients. 
Photo: Collection Luce Duval 
 

Uldaric Corbeil

Le digne vieillard à la droite du Dr Mathieu est nul autre qu’Uldaric Corbeil. Sous les bons soins du Dr Mathieu, malgré ses 83 ans bien sonnés, sa santé resplendissante va lui permettre de vivre au-delà de 90 ans!
Cet industriel a été propriétaire avec son frère Calixte du Domaine seigneurial de Mascouche durant 50 ans, où il exploitait les moulins à farine, à carder et à scie, alors que son frère cultivait.  Également maire de Mascouche au début du 20e siècle, cet ami du clergé a dénoncé avec vigueur le fléau de l’alcoolisme en refusant , entre autres, les permis de boissons aux hôteliers de la paroisse. Il est retraité depuis 1931 après avoir vendu le Domaine à une millionnaire, madame Hazel Beatrice Colville, le tout à un fort prix; imaginez, 83 000 piastres! Ce qui équivaut aujourd’hui à près de 5 millions de dollars.
Ce digne représentant de la bourgeoisie mascouchoise demeure juste derrière la boucherie d’Ovila Patenaude: le « château », cette magnifique demeure victorienne d’inspiration néo-gothique de onze appartements, construite en 1920 pour Alphonse Soucisse, un commerçant de beurre de Montréal, originaire de Mascouche. M. Corbeil l’avait acquise en 1928, pour la revendre un mois plus tard au docteur Mathieu.
Photo: Collection Victoire Charbonneau-Lapierre
 

Félix Poitras

Mais le médecin était plutôt inquiet de la santé fragile de l’abbé Félix Poirier, curé de la paroisse de 1931 à 1937, et qui se tient à la droite d’Uldaric Corbeil. Malgré les nombreuses visites de ce dernier au bureau du médecin qui, cigare au bec, recevait ses patients, l’été suivant, le prêtre a été admis à l’Hôpital de Joliette où il est décédé à l’automne alors qu’il n’avait pas encore soixante ans. Très attaché à ses fidèles paroissiens, le curé Félix Poirier a été inhumé au nouveau cimetière de Saint-Henri de Mascouche sur l’ancien chemin de La Pachane, aujourd’hui la rue Dugas. 
Photo: Comité du 250e de Mascouche
 

Soeur Pierre L'Ermite

Quelque peu en retrait des trois hommes, comme il se doit, pour ne pas déranger en s’immisçant dans leurs conversations, la révérende mère Pierre-l’Ermite s’est consacrée à Dieu en 1915. Entièrement dévouée, elle exerce ses multiples talents au couvent des Sœurs de la Providence de Mascouche depuis 1923, où les six premières années, elle a enseigné aux  jeunes filles, tout en cumulant les postes de directrice de l’externat, d’hospitalière auprès des vieillards et d’économe.
 
Née Cléoda Lalonde, elle est issue d’une famille de cultivateurs de Coteau-du-Lac. Depuis 7 ans, elle met à profit son savoir-faire et son amour du terroir uniquement à ses devoirs d’économe et aux exigences de fermière et jardinière, sur la terre que les religieuses possèdent le long du chemin Sainte-Marie, non loin de la gare du village. À l’été 1935, elle n’a pas ménagé ses fatigues et ses pas, pour bien représenter la ferme à l’exposition agricole de l’Assomption, où elle a reçu 12 prix, dont 7 premiers prix dans diverses catégories touchant la qualité du troupeau, des céréales, des légumes variés, du beurre et des travaux manuels de fantaisie.
 
Enthousiaste, Sœur Pierre-L’Ermite raconte que le mois passé, grâce à la générosité de Wilfrid Allard, un vieux qui pensionne au couvent, elle a pu remplacer un de leurs chevaux malade par « Black », un vigoureux cheval de trait, acheté 175 piastres chez Roland Turenne. Par ailleurs, élevant elles-mêmes leur bétail (veaux, vaches, cochons…), les bonnes sœurs ont sans doute eu comme souci de partager équitablement entre les deux bouchers du village, la saignée des bêtes et leur dépeçage, bien qu’une des filles d’Henri Aubin, l’autre boucher du village, soit une de leur consœur de religion. Après son départ de Mascouche en 1947, Sœur Pierre-l’Ermite a poursuivi sa vocation dans la région de Joliette.
Photo: Archives Providence Montréal
 

Almanzor Allard

Finalement à l’extrême gauche, saluant avec sa casquette, on aperçoit le sympathique Almanzor Allard. À cette époque, il demeurait dans la première maison de la petite rue à côté du magasin général de Donat Patenaude, aujourd’hui la rue Duval. Après avoir fait des études classiques au collège L’Assomption à la fin des années 1890, et cultivé durant quelques années la terre familiale, ce féru de matériel roulant de toutes sortes, a été dans un premier temps agent local de machines agricoles à Mascouche dans les années 1920.
 
Mais c’est surtout comme charretier et chauffeur de taxi qu'on le connait. Durant de nombreuses années, que ce soit avec son « boggie », en « sleigh », ou encore en automobile de luxe, il récupère la « malle » pour le bureau de poste et fait du taxi tout en livrant le courrier rural, de maison en maison. Nul besoin de vous convaincre que sa bonhomie opulente a dû en faire un client assidu de la boucherie!
Photo: Ville de Mascouche / Fonds Huguette Lévesque-Lamoureux
 
Principales sources  
- Archives Providence de Montréal, 
- Chroniques M18.37 Providence Saint-Henri, Mascouche 1853-1989 - Dossier personnel sœur décédée #2223, Sœur Pierre-L’Ermite (Lalonde) 
- Coutu, Jean-Claude : 
- Compilation des nouvelles de Mascouche, L’Action populaire de Joliette 1913-1970 
- Les trois compères de Mascouche : le médecin, le banquier et le boucher, messieurs Gérard Mathieu, Victor Pauzé et  
Henri Aubin, conférence du 26 septembre 2010, SODAM-Patrimoine, 39 pages, (non publiée) 
- Numérisation et compilation, Livre des délibérations du Conseil municipal de Mascouche, 1906-1979 
- Numérisation et compilation, Livre des minutes de la Commission scolaire Saint-Henri-de-Mascouche, 1916-1929  
- Crépeau, L.A.F., Mascouche en 1910, sans lieu, sans éditeur, 1910?, 313 pages et supplément de 62 pages 
- Didier, René, Les anciens et les anciennes du Collège de l’Assomption, 1833-1955, 100 fascicules,  
L’Association des anciens et des anciennes du Collège de l’Assomption, 2014-2015 
- Gravel, Denis, Histoire de Saint-Henri-de-Mascouche (1750-200), Société de recherche historique Archiv-Histo inc.,  ISBN 2-920480-62-6, 1e trimestre 2000, 500 pages 
- Institut généalogique Drouin, Registres paroissiaux et actes d'état civil 1621-1967 
 

 

Caisse populaire Desjardins Le Manoir

Recherche de Jean-Claude Coutu

Le 11 février 1942, à l’instigation de Joseph Dugas, cultivateur et gérant de la Coopérative agricole de Mascouche, une assemblée s’est tenue chez lui en présence de l'abbé C-O. Rouleau, propagandiste de l'Union régionale des caisses populaires de Montréal. Le curé de la paroisse et trente cultivateurs ont signé la déclaration de fondation de la 754e Caisse populaire depuis la première créée par Alphonse Desjardins en 1900. Le salaire de Jos Dugas, le secrétaire-gérant de la Caisse populaire de Mascouche, a été fixé à une piastre par année, local1 et ameublement compris!
Joseph Dugas, secrétaire-gérant Caisse populaire de Mascouche, 1942-1943
Collection Simone Patenaude-Boivin
 
Malgré la situation économique incertaine et la présence de la Banque Provinciale du Canada et du Comptoir d'Escompte établis à Mascouche depuis longtemps, les nouveaux sociétaires ont sorti de «leurs bas de laine» l’importante somme de 735$ pour la placer dans leur nouvelle coopérative financière. Ses détracteurs font des gorges chaudes et l’appelle en dérision «la patente à Jos Dugas» prédisant qu'elle ne ferait pas long feu : voisine du cimetière, «on n'aura pas besoin d’aller loin pour l'enterrer»! Au contraire, après un mois, 55 nouveaux membres faisaient grimper le capital à 1 800$.
 
Extrait des statuts de la Caisse populaire de Mascouche signés lors de sa fondation par Eugène Forest et Joseph Dugas, président et secrétaire, le 11 février 1942.
Collection Simone Patenaude-Boivin
 
En août 1943, avec au-delà de 100 sociétaires et un actif de plus de 25 000$, Wilfrid-A. Bohémier a pris la relève comme secrétaire-gérant de la Caisse déménagée dans son logement attenant à son étal de boucher, en face du magasin général, sur la rue Principale2. Au printemps 1946, la Caisse est aménagée dans sa nouvelle résidence, un peu plus loin sur la même rue3, jusqu’à l’inauguration au début 1958 d’un local tout neuf dans la demeure du gérant récemment construite à la même adresse.4
 
Le premier local de la Caisse populaire de Mascouche était dans la résidence de Joseph Dugas, secrétaire-gérant, aujourd’hui le 2966, rue Dugas.
Collection Ville de Mascouche / Fonds Huguette Lévesque-Lamoureux
 
En 1943, Wilfrid-A. Bohémier a pris la relève comme secrétaire-gérant de la Caisse déménagée dans son logement attenant à son étal de boucher.
Collection Thérèse Chaput-Mousseau, Comité des fêtes du 250e de Mascouche
 
C’est aussi à la fin de 1946 que la Caisse Populaire de Saint-Joachim-de-la-Plaine a ouvert ses portes dans une petite maison appartenant à Réal Limoges tandis que Viateur Simard en devenait le secrétaire-gérant.5
 

Par ailleurs, l’urbanisation rapide de Mascouche va profiter grandement à la croissance de l’institution financière :

  • Au printemps 1968, la Caisse populaire de Mascouche a inauguré son siège social qu’elle a fait construire, voisin du bureau de poste en face de l’église6.
  • Dans des années 1970, plusieurs centres de service dont l’un sur le chemin Gascon7 et un autre sur la rue Charny8 sont ouverts pour quelques années.
  • À l’automne 1976, le siège social est relocalisé au Centre professionnel du boulevard Mascouche9 et est agrandi à deux reprises (1987 et 1990), portant la superficie initiale de 2 900 à 9 300 pi2.

Le 1er juillet 1999, comme bien d'autres caisses et fort d’un actif de 150 millions $ et de près de 75 employés au service des 16 500 membres, Mascouche et La Plaine ont décidé d'unir leurs efforts et de fusionner sous l'appellation de la Caisse Populaire Desjardins Le Manoir.

La croissance s’est poursuivie et a entraîné :
 
  • l’ouverture en 1998 du Centre financier aux entreprises10, exploité conjointement avec la Caisse de Terrebonne; 
  • l’inauguration l’année suivante d’un centre de services, automatisé depuis, dans le quartier Mascouche-Heights11; 
  • au printemps 2005, la construction du nouveau siège social12 à Mascouche d’une superficie de 17 000 pi2; 
  • l’inauguration d’un nouveau centre de services à La Plaine13 en 2011. 

En 1968, la Caisse populaire de Mascouche a inauguré son siège social qu’elle a fait construire (aujourd’hui le 3011, chemin Sainte-Marie).
Collection Aimé Despaties
 
Fin décembre 2013, fort de l’appui de son personnel, la « patente à Jos Dugas » comptait plus de 28 000 membres avec un actif de 648 millions $. Avec deux centres de services, quinze guichets automatiques, un centre financier aux entreprises, un service de gestion de patrimoine, la Caisse Populaire Desjardins Le Manoir demeure un levier économique et social important pour la région.
 
Au printemps 2005, construction du nouveau siège social à Mascouche de la Caisse populaire Desjardins Le Manoir situé au 820, montée Masson à Mascouche.
Rapport annuel 2013 de la Caisse populaire Le Manoir
 
 
 
1 Aujourd’hui le 2966, rue Dugas.
2 Aujourd’hui le 2992, chemin Sainte-Marie.
3 Aujourd’hui le 2963, chemin Sainte-Marie, mais cette maison a été déménagée à l’arrière (aujourd’hui le triplex du 1134-1136-1138, rue Renaud).en 1957 pour faire place à une nouvelle construction.
4 Aujourd’hui le 2963, chemin Sainte-Marie.
5 Martel, Claude, La Plaine: un long cheminement vers l’autonomie, 1997, informations tirées d’un article paru dans La Revue de Terrebonne, le 22 novembre 1972.
6 Aujourd’hui le 3011, chemin Sainte-Marie.
7 840 chemin Pincourt, quartier Mascouche-Ouest.
8 Au coin du Chemin Sainte-Marie; la bâtisse a été déplacée après la fermeture du centre de services.
9 3100, boulevard Mascouche
10 Situé au 115, montée Masson, Mascouche.
11 Situé au 195, chemin des Anglais, quartier Mascouche-Heights.
12 Situé au 820, montée Masson, Mascouche.
13 Situé au 4771, boulevard Laurier, Terrebonne.
Un résumé de l’histoire de la Caisse populaire Le Manoir (1943-2013)
Jean-Claude Coutu SODAM-Patrimoine 27 novembre 2014
Sources : -COUTU, Jean-Claude, M. et Mme Jos Dugas et le mouvement coopératif à Mascouche, Quatuor culturel SODAM-Patrimoine, 12 décembre 2010, 30 pages - DESJARDINS Caisse Populaire Le Manoir, Rapport annuel 2013, www.desjardins.com/caisselemanoir, en ligne le 19 novembre 2014, 23 pages - GRAVEL, Denis, Histoire de Saint-Henri-de-Mascouche (1750-2000), Société de recherche historique Archiv-Histo Inc., ISBN 2-920480-62-6, 1e trimestre 2000, 500 pages - LA REVUE, Plusieurs articles concernant les Caisses populaires de Mascouche, La Plaine et Le Manoir entre 1972 et 2014. - MARTEL, Claude, La Caisse populaire de Mascouche il y a 50 ans, La Fournée Vol. X, No 1, SHRT, octobre 1992, 12 pages - TALBOT, Veronick, Caisse populaire Desjardins Le Manoir, La Revue, 50 ans d'histoire : au coeur d'une grande histoire, 2009, page 58
 
Recherches historiques et iconographiques: Jean-Claude Coutu, décembre 2014

Chez Hervé

Recherches par Jean-Claude Coutu

Depuis 2001
Une partie des terres reçues en 2001 par la Ville de Mascouche pour aménager le Parc du Grand Coteau est située sur les terrains où se trouvaient autrefois certains aménagements du Domaine Chez Hervé :
  • cabane à sucre;
  • sentiers équestres et pistes de motoneige;
  • descente de sports d’hiver;
  • lac et plage.
      
Derrière la place du Martinet, toujours visible en 2016, une section de l’ancienne digue, dernier vestige du Domaine Chez Hervé.
Elle servait à retenir les eaux de ruissellement du coteau pour former un petit lac avec plage à l’usage des estivants.
Photos: Ronald Boivin / 24 novembre 2010
 
Photo: Google maps 2016
 
Note : La délimitation des lots et des sites est approximative.
Photo: Google Earth / photos satellite 20 mai 2002
 
En 2016, la zone de conservation à l’ouest fait partie du Parc du Grand Coteau, le centre est essentiellement une zone résidentielle tandis que l’est sur la montée Masson est une zone commerciale.
Photo: Google Earth / photos satellite, 2016
 
Avant 1950 : la cabane à sucre sur la terre de la famille Dupras
Jusqu’au milieu du 20e siècle, chaque cultivateur de Mascouche exploitait sa terre à bois pour son bois de sciage et de chauffage ou encore pour la revente. Au printemps, c’était le temps des sucres où parents et amis s’amusaient ferme à la cabane. On ramassait l’eau d’érable à bras d’homme et en raquettes, qu’on transvidait dans un baril transporté à cheval sur une « sleigh » à patins jusqu’à la bouilloire*.
 
Le temps des sucres dans les années 1940 à Mascouche : Anatole Crépeau devant sa cabane du Grand Coteau
Photo: Collection Marie-Paule Crépeau, Ville de Mascouche / Fonds Huguette Lévesque-Lamoureux 
 
On aperçoit à l’extrême gauche le jeune Solano Allard à l’érablière d’Isidore Lamarche (au centre)
Photo: Collection Madeleine Patenaude-Allard, Ville de Mascouche / Fonds Huguette Lévesque-Lamoureux
 
C’était aussi le cas de la famille d’Oscar Dupras qui possédait une cabane à sucre dans une érablière au bout de leur terre du chemin Masson, juste en bas du coteau. Le correspondant de Mascouche de l’Action populaire notait dans l’édition du 29 avril 1926:
« La saison des sucres est terminée dans notre paroisse. Un grand nombre de visiteurs sont venus se sucrer le bec aux cabanes, presque tous les jours. Nous avons vu des groupes de plus d’un cent chez MM. Oscar Dupras et dans les sucreries du Grand Coteau ».
 
À l’arrière des jeunes skieurs, on aperçoit la cabane à sucre de la famille d’Oscar Dupras au milieu des années 1960.
Photo: Collection Pierre Lacombe
 
Cette terre de près de 300 arpents, dont une plus grande partie* faisait initialement front sur la côte Saint-Jean-Baptiste, avait été mise en valeur par sept générations de Dupras, dont le premier Jacques Duprac / Duprat et son épouse Catherine Huboult dit Deslongchamps, étaient arrivés à Mascouche comme colons dès 1736.
Déjà en 1866, on note à l’acte de donation entre vifs par les parents d’Euclide, le père d’Oscar que : « derrière à un ruisseau connu sous le nom de ruisseau noir… avec une petite écurie, une remise et une cabane à sucre qui se trouve dans une sucrerie sur la terre… ». Parmi ses nombreuses obligations, Euclide était tenu de remettre à ses parents : « le tiers du sucre et du sirop que produira la sucrerie ».
 
De gauche à droite, à l’avant : Lionel, Blanche, Yves et Hermyle; à l’arrière : Oscar, Gustave, Hervé et Trajana Roy.
Photo: Comité du 250e de Mascouche
 
En 1900, les parents d’Oscar lui ont transmis à son tour la terre ancestrale, quelques semaines avant son mariage avec Trajana Roy, où ils vont exploiter la ferme et y élever leurs six enfants. Parmi l’inventaire au moment de la donation : « une bouilloire et tous les agrès de la sucrerie ou de l’érablière »2.
C’est Oscar qui a ouvert la rue Nouvelle (aujourd’hui la rue Dupras) au milieu des années 1910 (L’Action populaire, 29 juillet 1915). Président de la commission scolaire durant plusieurs années, il a également été maire de Mascouche de 1919 à 1921; son père Euclide avait également été commissaire d’école et conseiller municipal en 1894.
 
Oscar Dupras (1872-1936)
Photo: Comité du 250e de Mascouche
 
 
À la fin des années 1920, l’aîné Hermyle a pris la relève à la ferme. À la suite d’une embrouille familiale en 1934, c’est finalement son frère cadet Hervé, alors propriétaire de taxis à Montréal, qui est devenu l’unique propriétaire de l’immense terre ancestrale, peu après le décès de leur père.
 
Hermyle Dupras (1901-1968)
Photo: Ancestry.ca
 
Lionel Dupras, un autre membre bien connu de cette famille, frère d’Hermyle et d’Hervé, a été propriétaire de l’Hôtel Le Gardeur, de 1947 à 1963. Sa femme Simone en avait hérité de son père Moïse Bourque.
 
Sur St-Henri, de l’autre côté du pont
Photo: Comité du 250e de Mascouche
 
Le Domaine Chez Hervé jusqu’en 1962
Cultivateur jusqu’au début des années 1950, Hervé Dupras a alors ouvert l’érablière au public.  Muni d’un permis d’alcool, doublé d’un centre de ski, qui malgré sa faible dimension répondait à un besoin, la notoriété du centre Chez Hervé s’est rapidement accrue.
Au pied du coteau, de gauche à droite : le club sportif et la salle à manger érigés par Hervé Dupras; au fond à droite : la petite écurie pour les chevaux de trait.
Photo: Collection Madeleine Roy, Ville de Mascouche / Fonds Huguette Lévesque-Lamoureux
 
« Partie de sucre – Tout dernièrement la Chambre de Commerce invitait ses membres et leurs amis aux agapes d’une bonne partie de sucre. La fête eut lieu « Chez Hervé ». La cabane ne regorgeait pas de monde, mais elle pouvait à peine suffire à contenir tout le plaisir qui se trouvait dedans. Le Major Gérard Nantel (« le major ») fut le grand dispensateur de bons mots et de tirades qui surent tenir tout le monde en haleine joyeuse. M. Hervé Dupras, fidèle à sa longue tradition, se révéla l’hôte parfait. Inutile d’ajouter que les « Mascouchois » savent s’amuser quand l’occasion s’y prête ».
(L’Action populaire, 12 avril 1951)
 
Bienvenue Chez Hervé à Mascouche vers 1960
Photo: Historia TV / J’ai la mémoire qui tourne
 
Françoise Aubin et ses amies dans les années 1940
Photo: Collection Louis Duval / Ville de Mascouche / Fonds Huguette Lévesque-Lamoureux
 
De gauche à droite : Françoise et son père Henri Aubin, François Pauzé, Émile et Raymond Aubin, Marguerite Pauzé, Marcel Aubin, Berthe Crépeau-Aubin, Paul-Émile et Madeleine Roy.
Photo: Collection Louis Duval / Ville de Mascouche / Fonds Huguette Lévesque-Lamoureux
 
« Bénédiction des skisDernièrement, M. Hervé Dupras recevait à son monte-pente plusieurs sportifs venus faire du ski. Un club de Montréal s’était joint à eux. On estime à 250 personnes, ce jour-là, ceux qui vinrent bénéficier de la piste de ski de Mascouche. À cette occasion, dans l’après-midi, il y eut bénédiction des skis par M. le curé D. Ricard ».
(L’Action populaire, 5 mars 1953)
 
Photo: Collection Madeleine Roy, Ville de Mascouche Fonds Huguette Lévesque-Lamoureux
 
À l’affût d’installations des plus modernes, Hervé Dupras connaissait sûrement le remonte-pente inventé en 1932 à Shawbridge au Québec. Au centre de ski Chez Hervé, après chaque descente, le skieur attrapait une corde suspendue à un câble enroulé à une poulie actionnée par le moteur d’un vieux tracteur.  
 
À l’hiver 1934, le premier « Ski tow » aux États-Unis; ce remonte-pente était situé à Woodstock au Vermont.
Photo: The Woodstock Historical Society
 
Photo: www.montanaoutdoor.com
 
Comme tout bon commerçant qui se respecte, Hervé Dupras va participer activement aux activités de la jeune Chambre de commerce de Mascouche, non seulement pour faire fructifier ses affaires, mais également pour défendre ses intérêts économiques. Il faisait en particulier la promotion de la construction d’un nouveau pont à Terrebonne (L’Action Populaire, 21 février 1952).  Malheureusement, âgé de moins de 56 ans, il est décédé subitement à l’automne 1962, trois ans avant la réalisation du nouveau pont de l’autoroute 25.
 
L’ancienne résidence d’Hervé Dupras sur la montée Masson, avant son déménagement
Photo Huguette Lévesque-Lamoureux, 13 mars 1994 / Collection Ville de Mascouche/ Fonds Huguette Lévesque-Lamoureux
 
Le vieux pont de Terrebonne a été démoli en 2008
Photo: Collection Aimé Despatis
 
Le Ranch Chez Hervé : un centre sportif multifonctionnel de 1964 à 1976
Après avoir mis en location la ferme pour quelque temps, la veuve d’Hervé Dupras a vendu au printemps 1964, la totalité des terres et des immeubles à Lacombe et Tremblay, des marchands de meubles de Ville d’Anjou. Ces derniers ont rapidement réorienté les activités du Domaine Chez Hervé pour en faire un centre familial multifonctionnel.
Depuis quelques années, la maison Lacombe et Tremblay exploitait déjà le Ranch des sportifs à Bois-des-Filion. Escortées par la Police provinciale, ses installations équestres ont été déménagées Chez Hervé, y compris la cinquantaine de chevaux et une grange qui a été annexée à la salle de réception déjà existante.
 
 
Photos : Page Facebook / Si toi aussi tu te rappel (sic) du Ranch Hervé
 
Dans les années 1960-1970, à la suite de la disparition à Montréal des chevaux de location sur le Mont-Royal, Mascouche est devenue un des lieux de ralliement des amateurs d’équitation.
Le nouveau Ranch Chez Hervé, premier centre équestre à Mascouche, sera suivi de plusieurs autres écuries sur la montée Masson dont le Go-Go Ranch, le Pop Ranch, le Ranch Campeau et le Ranch Bleu et Blanc.
Dès lors, d’importants travaux d’amélioration ont été mis en branle sous la gouverne de Marcel Lacombe. En plus d’aménager les installations équestres à partir des bâtiments de ferme longeant la montée Masson, il va :
  • réaménager les cuisines et donner des allures western à la salle de réception et au club;
  • baliser les sentiers équestres, les pistes de motoneige et les chemins d’hiver pour les balades en « sleigh-ride »;
  • ériger une digue de rétention des eaux de ruissellement pour faire place à un lac, une plage et une piscine;
  • ouvrir un terrain de camping d’une cinquantaine de places, etc.
  
Marcel Lacombe (vers 1960)                 Rosaire Leblanc (vers 1935)
Photo: Collection Pierre Lacombe                 Photo: Comité du 250e de Mascouche

Afin de dégager la pente pour les sports d’hiver, la cabane à sucre a été éventuellement déplacée dans le haut du coteau. Rosaire Leblanc, un cultivateur du faubourg Lapointe, gardien jaloux de l’évaporateur, faisait bouillir l’eau pour la production du sirop, de la tire et du sucre d’érable.

  
Photos: Collection Pierre Lacombe

La tournée de l’érablière, avec tout près de deux mille entailles, se faisait avec le Bombardier à chenilles d’Hervé Dupras, plutôt qu’à cheval comme autrefois. Au printemps, sur l’étroite route impraticable en automobile, l’engin tirait un traîneau rempli de joyeux lurons jusqu’au club au pied du coteau. Plus tard, pour pallier cet inconvénient majeur, le chemin contournant les marécages va être rehaussé avec des ballots de papier et de déchets provenant d’Anjou!

Dépliant publicitaire vers 1975 : le chef Maurice Julien était aux fourneaux et Henri Pelletier directeur du centre équestre.
Photo: Collection Richard Pelletier et Huguette Aubin / Collection Ville de Mascouche / Fonds Huguette Lévesque-Lamoureux
 
Le Ranch Chez Hervé était très populaire. On venait par centaines, seul ou en groupe, en couple ou en famille, en hiver pour le ski et la glissade en traîne sauvage ou en soucoupe volante, pour une balade en traineaux, une randonnée en Ski-Doo; au printemps pour goûter au sirop et à la tire d’érable à la cabane à sucre; en été, au camping et à la plage du lac ou à la piscine, et toute l’année pour faire de l’équitation sur les sentiers aménagés sur le coteau, se régaler d’un excellent repas canadien à la salle de réception, assister au club à un spectacle animé par le trio musical country « Wayne King » ou bien pour découvrir de nouveaux talents comme la jeune chanteuse Shirley Théroux à ses débuts!
 
  
Le bar                                                        La glissade en toboggan                          Les cuisines
Photos: Collection Pierre Lacombe
 
La clientèle mascouchoise n’était pas négligée pour autant; de nombreux événements y ont été organisés comme:
  • l’élection de Miss Prévention des incendies en 1967;
  • un cirque et une dégustation d’huitres en 1968;
  • le Carnaval d’hiver des majorettes Les Jouvencelles de Mascouche en 1968 et en 1970;
  • en 1969, un bingo au profit du Comité des loisirs de Mascouche, ou encore un souper aux « beans » avec orchestre, suivi du spectacle d’un cheval savant, sans oublier le défilé de la Saint-Jean-Baptiste, avec 20 chevaux et la voiture du Far West.
Photo: L’Artisan 9 mars 1977
 
Malgré tout, l’endroit avait de plus en plus mauvaise réputation auprès de la population. Dans un décor enchanteur, mais suffisamment isolé et éloigné de la grande ville, quelques escrocs à la petite semaine et des gangs de malfaiteurs de tout acabit se réunissaient régulièrement au club, bien à l’abri des regards indiscrets et dans une ambiance festive où l’alcool coulait à flot, pour y discuter de leurs bons coups passés et préparer les mauvais à venir! Bien que quelques coups de feu aient pu être tirés à l’occasion, la rumeur du repêchage d’un corps dans la piscine au fond d’asphalte reste du ressort de la légende urbaine. 
 
Lorsqu’une bagarre éclatait, on appelait Jean Bourgeois, qui avait été « bouncer » les fins de semaine Chez Hervé, avant d’être recruté comme chef de police et des pompiers de Mascouche! En compagnie du policier Roger Riopel, à bord de la nouvelle et unique voiture de la force constabulaire locale, les deux colosses pouvaient répondre rapidement aux appels du club et calmer le jeu, quitte à éjecter à bout de bras les plus récalcitrants qui, s’ils étaient chanceux, atterrissaient sur un banc de neige!
 
                        
Le chef de police et des pompiers, Jean Bourgeois        
Photo: Ville de Mascouche
                                                           
Jean Bourgeois à la parade de la Saint-Jean en juin 1975
Photo: Ville de Mascouche /Fonds Huguette Lévesque-Lamoureux
 
Roger Riopel, policier et pompier volontaire
Photo: Collection Simone et Ronald Boivin
 
 
Le centre équestre du Ranch Chez Hervé de 1975 jusqu’à sa fermeture au début des années 1990
Bien que le succès commercial ait été au rendez-vous, les énormes investissements ont eu tôt fait de plomber les résultats financiers de l’entreprise. En 1975, un jugement en faveur des créanciers hypothécaires est rendu. La propriété, terres et commerces, est aussitôt vendue à Emmanuel Roy, un promoteur immobilier. Ce dernier loue le centre équestre à René Imperator, et le reste des installations à un groupe dirigé par l’ancien propriétaire et gérant Marcel Lacombe.
 
Après avoir dirigé le Ranch Chez Hervé durant quelques années, René Imperator est devenu propriétaire du Ranch de la Cabane ronde.
Photo: Facebook : Le-Ranch-de-la-Cabane-Ronde
 
Incapable de transférer le permis de boisson et d’intéresser le conseil municipal à son projet de développement domiciliaire, Emmanuel Roy a fermé définitivement le club et les installations récréatives situés au bas du coteau. À l’occasion, il louait la salle de réception pour un mariage et recevait des groupes dans le temps des sucres. Trois ans plus tard, aux prises avec de nouvelles difficultés financières, il a annulé précipitamment les réservations à la cabane. Il restait encore dans les frigidaires près de 200 jambons fumés à l’ancienne provenant de la Boucanerie canadienne de la côte Saint-Philippe à Mascouche! Face aux difficultés financières, les imbroglios judiciaires se sont intensifiés. Plusieurs fois durant ces années, le vaste domaine a été saisi, cédé ou vendu jusqu’à ce que le promoteur immobilier Paolo Mori et ses associés en deviennent propriétaires à l’hiver 1985.
 
Le promoteur immobilier Paolo Mori
Photo: Hebdorivenord.com/28 août 2010
 
À la fin des années 1970, seul le ranch est demeuré ouvert au public jusqu’au début des années 1990. Les différents locataires qui s’y sont succédé ont poursuivi les activités du centre équestre situé en bordure de la montée Masson. Pendant cette période, les adeptes d’équitation s’en donnaient à coeur joie sur des kilomètres à travers les sapins et les érables du boisé du coteau. Les sentiers, les chevaux et les écuries étaient entretenus par des gens d’expérience. Guides, moniteurs, entraineurs et palefreniers, maréchal-ferrant, soigneurs et vétérinaires ont ainsi assuré la renommée du Ranch chez Hervé.
 
Sur la montée Masson dans les années 1980
Photo: Facebook : Si toi aussi tu te rappel (sic) du Ranch Hervé
 
      
Plusieurs se rappellent de Hocus et Pocus (photo de droite), de confortables « Bareback »*, ou Dale (photo suivante).
Certains chevaux, comme Caïus, ont vécu de très nombreuses années jusqu’à la fermeture définitive du Ranch Chez Hervé.
Photo: Facebook : Si toi aussi tu te rappel (sic) du Ranch Hervé
 
L’intégration d’une partie des terres du Domaine Chez Hervé au Parc du Grand Coteau depuis 2001
Entretemps, un avis de démolition du vieil hôtel avait déjà été signifié par la ville.
De plus en plus cernés par l’urbanisation, tour à tour, les autres ranchs de la montée Masson ont fermé. L’activité équestre s’est déplacée graduellement en zone rurale, sur les chemins Sainte-Marie, Côte Georges, Saint-Philippe et de la Cabane-Ronde. À l’automne 2001, conformément au plan directeur 1997-1998 du Parc du Grand-Coteau de la Ville de Mascouche*, Paolo Mori a cédé 10 % des terres de l’ancien Domaine Chez Hervé et autres : « dans le but de maintenir des espaces verts de conservation dans le secteur de l’étang du Grand Coteau ». Le terrain ainsi cédé est situé sur le coteau et fait partie aujourd’hui de cet immense espace vert de 191 hectares créé pour le bénéfice de tous.
 
 

 

Rédaction et recherches historiques: Jean-Claude Coutu
Recherches iconographiques : Jean-Claude Coutu et François Tétreault
 

Principales sources :

-BANQ : Journal l’Artisan de Repentigny, La Presse et la Gazette officielle du Québec;
-Crépeau, L.A.F., Mascouche en 1910, The Regal Litho. & Printing Co., Montréal, 1910, 310 pages;
-Entrevue de François Tétreault et Patricia Lebel (SODAM Patrimoine) en compagnie d’Huguette Lévesque-Lamoureux avec Réal Robert, Madeleine et Solano Allard, le 30 novembre 2015;
-Recherche généalogique des familles Dupras;
-Gravel, Denis, Histoire de Saint-Henri-de-Mascouche, 1750-2000, Société de recherche historique Archiv-histo, Montréal, 2000, 500 pages;
-Journal L’Action populaire de Joliette;
-Journal La Revue Terrebonne-Mascouche;
-Parchemin Banque de données notariales (1626-1789);
-Registre foncier du Québec en ligne, lots 389, 390, 391, 392 et 410p du cadastre de Saint-Henri de Mascouche.
Un grand merci à tous ceux et celles qui ont collaboré à cette recherche dont :
Claude Allard; Madeleine et Solano Allard; Simone et Ronald Boivin; Murielle Charrette, belle-fille d’Hermyle Dupras; Ghislaine Coutu; Jean-Guy Coutu; Lise Hébert, propriétaire du Ranch de la Cabane Ronde; Pierre Lacombe, fils de Marcel Lacombe; Olivier Leroux, propriétaire du Ranch Bleu et Blanc de 1974 à 1981; Réal Robert; François Tétreault de la SODAM-Patrimoine; Nancy Veilleux, du Club des routiers équestres.

Église anglicane Grace

Recherche de Claude Martel

L’église anglicane Grace fête ses 175 ans
 
Le 16 août 2015, la communauté anglicane de Mascouche célébrait le 175e anniversaire de son église. Nos connaissances historiques sur cette communauté sont encore très fragmentaires, mais pour l’occasion nous avons cru bon de compiler quelques notes. 
 
La colonisation anglophone de Mascouche
Après la Conquête britannique (1760), nos seigneuries passent aux mains de seigneurs anglais ou écossais qui attireront avec eux plusieurs de leurs concitoyens. L’implantation d’anglophones, protestants pour la grande majorité, se fait assez lentement à partir des années 1770, principalement du côté de Terrebonne. En 1795, le nouveau seigneur Peter Pangman s’établit à Mascouche et concède des terres dans le rang de La Plaine aux frères Andrew et John Christopher Myers –Haindedier, puis à Robert Robertson. Mais il faut attendre véritablement la vague de colonisation anglophone, entre 1820 et 1850 pour voir l’établissement d’une communauté anglophone à Mascouche. D’ailleurs, le cimetière adjacent à l’église Grace témoigne de la présence de ces familles pionnières, citons-les : Alexander, Brereton, Ewan, Hamilton, Henderson, Hodgson, McKay, Moody, Patterson, Robinson, Reilly et Walker. 
 
Parmi ces pionniers, on observe que les Alexander, Brereton, Robinson et Reilly proviennent tous du comté de King en Irlande. On retrouve quelques Écossais, les Ewan et McKay, les autres sont de « vrais Anglais », issus notamment de la région du Yorkshire.
 
Les seigneurs Pangman
Peter Pangman meurt à Mascouche en 1819. Sa sépulture prend place sous un tumulus du cimetière anglican, voisin de l’église. Il est probable que sa dépouille fut la première inhumée à cet endroit, donnant ainsi plus ou moins naissance au futur cimetière paroissial. La seigneurie passe aux mains de son fils, John Pangman qui l’administre dès qu’il atteint ses 21 ans, en 1829. Ce dernier s’investit beaucoup dans la colonisation de la seigneurie de Lachenaie et il acquit rapidement des titres de noblesse, dont celui de conseiller législatif (sénateur). John comprend rapidement que la prospérité de la communauté anglicane passe par la présence d’un lieu de culte. Ainsi, dès 1838, il fait don d’un terrain, voisin du cimetière, pris à même son domaine seigneurial afin que la communauté puisse ériger un temple; trois ans plus tard, il fait don d’un second terrain adjacent au premier. John se montrera généreux non seulement pour la construction de l’église, mais il payera le salaire des « clergymans » pendant plusieurs années.
   
Lord Peter Pangman et Lady Grace Mactier
L.A.F. Crépeau / Mascouche en 1910
 
La Grace Anglican Church
En mars 1840, la communauté anglicane inaugure leur nouvelle église. On la dédie sous le vocable de Grace, en l’honneur de Grace Mactier, la mère de John. Comme le veut la tradition, un siège spécial est réservé aux membres de la famille Pangman, à l’avant de l’église. 
 
L’édifice de facture modeste, comme bien des églises anglicanes, est construit en bois. Les murs et le plafond intérieurs sont en plâtre. Le plan au sol est très simple, rectangulaire avec un cœur en saillie et une abside en hémicycle. Elle loge environ 80 personnes. 
 
Fait à noter, au moment de construire l’église Grace, la communauté anglicane de Terrebonne construit également une église qui prit le nom de St Michael. Les deux églises relèvent de la même paroisse. 
 
La « Grace Anglican Church » telle qu’elle apparaissait dans les années 1970.
Collection Archives Lanaudière / Fonds Aimé-Despatis
 
Il appert que l’église Grace sert également d’école où les jeunes Pangman firent leurs études. On retrouvait d’ailleurs dans le voisinage une maison qui permettait de loger l’enseignant; la maison servit plus tard à héberger le pasteur chargé de célébrer la messe. Certains documents parlent ici d’un presbytère. Il semble qu’à compter de 1903, le pasteur n’habite plus Mascouche et loge au presbytère de Terrebonne. D’ailleurs, un contrat de 1909 nous indique la présence d’un gardien (warden) habitant l’édifice. Le presbytère était situé dans la partie où se trouve aujourd’hui la nouvelle section du cimetière; il passa au feu il y a plusieurs décennies. En ce qui a trait au cimetière, le seigneur John Pangman fit don du terrain. 
 
Bâtiment adjacent à l’église au début du XXe siècle. 
Collection Irene Robinson-Dubois
 
 
La croissance de la villégiature dans le secteur Terrebonne-Heights va donner lieu à la création d’une seconde église anglicane à Mascouche. Cette dernière s’amorce avec une mission en 1928 qui donnera lieu à la chapelle St Margaret et à une église plus spacieuse en 1954 (383, ch. des Anglais). Cette dernière sert d’école privée depuis 2005.
 
Voisin de l’église, du côté est, on retrouve l’ancienne écurie. La venue de l’automobile vient changer la vocation de l’édifice. D’ailleurs, en 1954, la « Ladies Guild » va amasser 4000$ afin de transformer les lieux en salle communautaire. D’autres rénovations ont été apportées à la salle entre 1987 et 1989, alors que la salle fut consacrée par l’évêque Hollis.  
 
Jusqu’en 1970, l’église demeurait constamment ouverte (non verrouillé) afin que les fidèles puissent s’y recueillir. Mais à la suite d’actes de vandalisme, l’on dut se résigner à fermer l’édifice à clé. En 1976, la communauté met fin au service régulier, se contentant d’une commémoration annuelle. Mais la situation change avec la fermeture de l’église St Margaret. La communauté décide alors de restaurer l’église Grace. L’édifice est reculé de 70 pieds, puis placé sur une fondation en béton, permettant l’aménagement d’un sous-sol. Des escaliers et un balcon ont été ajoutés en façade. En souvenir de l’église St Margaret, on déménage les bancs ainsi qu’un vitrail de celle-ci. De plus, on ajoute un clocher en introduisant la cloche de ce temple. Plus de 150 000$ furent investis dans cette restauration. L’église Grace reprend donc son service hebdomadaire avec la messe de l’Action de grâce de 2006.
 
Service religieux à l’intérieur de l’église Grace dans les années 1950-60, avec les anciens bancs.
Archives de l’église Grace
 
L’église Grace est aujourd’hui le plus ancien lieu de culte existant de la MRC Les Moulins. L’édifice se trouve au 2174, chemin Sainte-Marie, à Mascouche, soit à 200 mètres à l’ouest de l’intersection du chemin des Anglais. Des offices religieux, bilingues, se tiennent tous les dimanches à 10 h. 
 
L'église anglicane Grace en 2015.
Collection Claude Martel
 
Recherches historiques et iconographique: Claude Martel, juillet 2015.
 
Sources : Fonds de recherche de l’auteur comprenant plusieurs extraits de journaux, des actes notariés et un document sur le cimetière rédigé par Stan Alexander et Bob Alderson (1993).
 

Église Saint-Henri de Mascouche

Recherche de Jean-Claude Coutu

L’église actuelle a été bénie par Mgr Fabre de Montréal, le 17 juin 1885.  Les architectes, Victor Bourgeau et E. A. Leprohon, ont conçu un exemple très représentatif de l’architecture néo romane typique de la fin du19e siècle.

Le journal La Minerve du 24 juillet 1885 affirme que l’église St-Henri est un endroit « où tout s’harmonise dans un ensemble gracieux et délicat qui borne l’œil pour le charmer davantage et lui faire goûter de plus près l’idéal mystique vers lequel la foi entraîne notre piété ».

Sur la façade, la statue de Saint-Henri, empereur d’Allemagne, qui surmonte le portique, est une œuvre de l’artiste Carli et un don de la famille Dupras.

Photo parue dans Le diocèse de Montréal à la fin du XIXème siècle,
Eusèbe Senécal imprimeur, 1900

Prêt de Laurent Crépeau, Collection Huguette Lévesque-Lamoureux / Ville de Mascouche

 

Photo : Jean-Claude Coutu, 19 mars 2010

Vue des deux églises et de l’ancien cimetière vers 1886.
À l’avant,  la première église de style sulpicien construite en 1781, agrandie en 1844 et démolie en 1886 pour faire place à la nouvelle église construite en 1885 que l’on aperçoit à l’arrière.

L’ancien cimetière clos avec charnier et hangar a été déménagé en 1905 au bout de la rue Dugas;

 

La Crypte

La crypte au sous-sol de l’église contient un cinquantaine de tombeaux de l’élite Mascouchoise de la fin du 19e et du début du 20e siècle,  dont celle de Pierre-Louis Morin, dessinateur topographe, portraitiste, professeur de dessin, architecte et chanteur, géographe et directeur du Cadastre de la province de Québec. On lui doit, entre autres, de nombreux portraits de personnages historiques du Québec (Cartier, Champlain, Maisonneuve, etc.) ainsi que le plan du manoir Masson de Terrebonne et d’un plan nominatif des terres du village de Mascouche en 1884.

Photo : Jean-Claude Coutu, 19 mars 2010

 

Les oeuvres d'art

Trois œuvres restaurées en 2004 du peintre natif de Mascouche Georges Delfosse (1869-1939) : Saint-Roch, L’éducation de la Vierge Marie par Sainte-Anne et Saint-Joachim et Saint-Antoine-de-Padoue, et quatre tableaux de l’abbé Jules-Bernardin Rioux (1835-1921) : Le Baptême du Christ, Le Vœu de St-Henri, Le tombeau du Christ et La Sainte-Famille) ornent le chœur de l’église paroissiale.

Oeuvres dans le choeur de l'église, Collection SODAM

Photo : Jean-Claude Coutu, 18 juillet 2005

 

La lumière fût !

Ce n’est qu’en 1914 qu’on y installe l’électricité; jusqu’alors, on ne s’éclairait qu’à la lampe au pétrole.

Plusieurs des éléments architecturaux ont depuis disparus : la chaire, la balustrade, les colonnes marbrées; seule une partie de l’ornementation des murs et des plafonds a été conservée lors de l’aménagement d’une toilette à l’arrière.

Prêt de Laurent Crépeau

Collection Huguette Lévesque-Lamoureux / Ville de Mascouche

 

L'orgue de l'église Saint-Henri

L'orgue de l'église Saint-Henri de Mascouche est daté de 1905 a été fabriqué par Casavant Frères, une des entreprises les plus respectées mondialement dans le domaine de la facture d’orgues et est le 225e à avoir été construit par la prestigieuse maison.

Photo: Collection SODAM

 

Recherches historiques et iconographiques: Jean-Claude Coutu

 

 
 
 

 

Gare de Mascouche

Recherche de Claude Martel

Bien que les travaux ne soient pas terminés, la ligne ferroviaire reliant Montréal et Québec par la rive Nord a été inaugurée à l’hiver 1879 par la compagnie du chemin de fer Q.M.O. & O. (Quebec, Montreal, Ottawa and Occidental Railway), une entreprise créée par le gouvernement du Québec. Cette nouvelle ligne répond aux souhaits de la bourgeoisie de Québec qui voulait une liaison Québec-Montréal sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent et visait à soutenir et développer le commerce et l’agriculture. Le nouvel embranchement de la rive nord débute à Saint-Martin Jonction, sur l’Île Jésus, puis traverse Terrebonne et Mascouche pour se diriger vers L’Épiphanie, Lanoraie, Trois-Rivières et se rendre finalement à la gare du Palais de Québec.
 
Le tracé d’origine passait par l’Est de Montréal et L’Assomption, mais l’influence politique d’Adolphe Chapleau et Rodrigue Masson, tous deux députés de Terrebonne, vont faire dévier le tracé en faveur de cette ville, desservant Mascouche et L'Épiphanie au passage. 
Tracé du chemin de fer reliant Québec à Montréal vers 1896-1899
Collection : BANQ, Québec, Montreal and environs
 

Deux gares pour Mascouche

À cette époque, il y avait deux gares à Mascouche. La plus importante était située à la croisée du chemin Sainte-Marie. Au début la gare du village porte le nom de Saint-Henri, de Saint-Henri de Mascouche une quinzaine d’années plus tard, soit au tournant du XXe siècle, le nom de Mascouche. Quant à elle, la gare de Cabane Ronde avait été construite à l'intersection du chemin Saint-Paul. Elle a été démolie peu après le décès de son dernier chef de gare en 1939. Vers 1940, il ne restait plus qu’un abri pour les voyageurs, lequel fut démoli dans les années 1950. La gare était un « flag stop » ou seulement deux trains par jours s’y arrêtaient. Le service de passagers prit fin en 1958.
Le rail du CP passe sur 9,5km depuis 1879 à Mascouche.  La gare du village était située non loin du chemin Sainte-Marie. Photo avant 1920.
Collection : Aimé-Despatis
 
La famille Beaudry-Bourgoin devant la gare de la Cabane ronde vers 1940.  La petite station servait surtout au transport du lait.
Collection : Ville de Mascouche / Huguette Lévesque-Lamoureux
 
15 août 1928 : Didace Beauchamp, le grand-père de la mariée, accompagne Lorette Bohémier et Albert Chaput à la gare au départ de leur voyage de noces à Québec.
Collection Jean-Claude Coutu
 

Terminus, tout le monde descend !

Jusqu’au milieu des années 1950, la gare comptait un chef de gare (le dernier a été Georges Lapointe) et une équipe de 4 hommes chargée de l’entretien de la voie ferrée dans le secteur de Mascouche. En 1958, le Canadien Pacifique réduit considérablement son service de passagers et abolit l’arrêt de passagers à Mascouche. Seul un train s’arrêtait sur demande, le dimanche soir pour « descendre » les voyageurs vers Montréal. À compter de 1962, le train ne s’arrêtera plus et la gare fut détruite peu de temps après.

Esdras Gagné, chef de gare du village en 1910.
Photo: L.A.F. Crépeau, Mascouche en 1910
 

La gare d'aujourd'hui

Dû à une forte augmentation démographique du nord-est de Montréal, le premier ministre Jean Charest du Québec fit l’annonce, en 2006, d’un nouveau train de banlieue. Quatre ans plus tard, c’est la mise en chantier. D'une longueur d'environ 52 kilomètres, la ligne effectue un trajet ouest-est, reliant le centre-ville de Montréal à Mascouche. Elle dessert en tout 13 gares. En service depuis le 1er décembre 2014, la ligne Mascouche est desservie par l’AMT (Agence Métropolitaine de Transport) à raison de 8 départs par jour en direction du centre-ville de Montréal. Elle permet à 11 000 passagers de se rendre de Mascouche au centre-ville de Montréal en 65 minutes.

L'actuelle gare de Mascouche.

Crédit photo: Agence QMI

 

En savoir plus

 

Recherches historiques et iconographiques: Claude Martel et Jean-Claude Coutu.

Hôtel de ville

Recherche de Jean-Claude Coutu

1855— L’œuvre des Sœurs de la Providence à Mascouche

En 1855, sous l’instigation du curé Chevigny de la paroisse Saint-Henri-de-Mascouche, Mgr Bourget a confié à la jeune congrégation religieuse de Montréal la direction d’un nouvel établissement de charité à Mascouche.

La Providence Saint-Louis, nommée ainsi en l’honneur de l'abbé Louis Gagné, grand bienfaiteur de l’œuvre, a pour but d’offrir un refuge pour les orphelins, un asile pour les personnes âgées et une maison d’éducation pour les jeunes filles.

Durant plus de 100 ans des milliers de personnes ont été secourues par les religieuses. Un programme scolaire renommé pour sa grande qualité était aussi offert à plus d’une centaine de pensionnaires et jeunes filles de Mascouche annuellement.

La Providence St-Louis a été rasée par le feu en 1881 et reconstruite en 1882-1883, Collection Jean-Claude Coutu.

 

1965— La fin de la Providence Saint-Louis

Avec le début de la Révolution tranquille au Québec, le rôle des communautés religieuses change. À Mascouche, on décide de construire une nouvelle école pour remplacer le « Vieux Couvent » dont la restauration exigerait des dépenses importantes.

Le pensionnat pour les filles ferme en juin 1960 et les élèves externes fréquentent dorénavant la nouvelle école Sacré-Coeur. En 1964, le foyer pour personnes âgées ferme ses portes à son tour. Le personnel religieux quitte définitivement le couvent à l’été 1965.

Au printemps suivant, la Fabrique loue l’édifice à la Commission scolaire de Mascouche pour « 1$ et autres considérations »; cette dernière lui donne le nom d'école « l’Oiseau bleu » et y installe également son centre administratif.

Rentrée scolaire au couvent dans les années 1950, Archives de la Providence Montréal.

 

Classe de Mlle Thérèse Chaput en 1954, Archives de la Providence Montréal.

 

Visionner une capsule vidéo sur le couvent de Mascouche

 

1978— L’inauguration de l’Hôtel de ville de Mascouche

Mascouche obtient le statut de ville en 1970. Quelques années plus tard, elle acquiert l’édifice patrimonial pour y aménager l’hôtel de ville. Après des travaux majeurs, l'inauguration officielle a lieu le 5 novembre 1978 et la première séance du conseil se tient dans la nouvelle salle municipale dès le lendemain soir.

L'hôtel de ville de Mascouche, Crédit photo: Denny Hollick, Collection SODAM

 

Consultez le document:

«150 ans au service de la communauté - Histoire d'un patrimoine exceptionnel»

 

Recherches historiques et iconographiques: Jean-Claude Coutu

Marie-Louise Desjardins

Marie-Louise Desjardins (1897-1976)

Plage Henri

Recherche de Jean-Claude Coutu

«Deux lacs cachés dans les bosquets et les grands pins, l’un récréatif, l’autre plus sauvage, une faune et une flore typiques de la région, c’est le spectacle dont peuvent profiter les Mascouchoises et Mascouchois lors des sorties familiales
C’est ainsi que la ville de Mascouche présente le parc du Grand Coteau qu’elle a graduellement aménagé en plein cœur du centre-ville à compter de 1996, autour d’un lieu de villégiature d’autrefois : le lac Henri. Son histoire est intimement liée au développement du tourisme de villégiature qu’a connu Mascouche depuis l’arrivée du chemin de fer en 1878 jusqu’au milieu des années 1960.
 

Les premiers estivants de Mascouche

Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, deux groupes d’estivants bien distincts se sont installés à Mascouche :
  1. Les enfants des cultivateurs prospères de Mascouche qui ont eu la chance de faire de grandes études étaient partis exercer des professions libérales en ville (médecins, dentistes, pharmaciens, notaires, avocats, etc.). Leurs familles passaient l’été chez la parenté au village, ou encore dans les chalets du parc Le Gardeur, aménagés sur la terre située près de la gare, de Luc-Antoine-Ferdinand Crépeau, l’auteur de Mascouche en 1910.
  2. Une clientèle de villégiateurs anglophones provenant principalement du sud-ouest de Montréal qui, après la Première Guerre mondiale ont construit des « cottages » sur des terrains adjacents au chemin des Anglais, vendus entre autres, par la Terrebonne Gardens Land Company .
Le lac Mugsford Beach sur la rue Poplar avait été creusé dans Terrebonne-Heights, aujourd'hui le quartier Mascouche-Heights.  
(Photo: Collection Robert Wood)
 

Des chalets transformés en résidences familiales

Après la Seconde Guerre mondiale, la démocratisation de l’automobile a fait de la région Des Moulins, un lieu de villégiature populaire fort apprécié des Montréalais. Après avoir creusé un lac artificiel, différents promoteurs immobiliers ont loti, aménagé et mis en vente le terrain tout autour, à l’intention des estivants désireux d’y construire un chalet. C’est le cas par exemple à Mascouche, des lacs Chartrand, Greenwich, La Plaine et Samson. Toutefois, avec l’ouverture de l’autoroute 25 au milieu des années 1960, on assiste au déclin de ces lieux de vacances et à l’accélération de l’urbanisation de la région : les lacs ont été remblayés et les chalets hivernisés ont été graduellement métamorphosés en résidences familiales.
 

Le lac Henri : seul lieu de villégiature conservé

Par contre, durant toutes ces années, les terrains entourant le lac Henri n’ont pas été morcelés et sont demeurés la propriété d’une seule famille, évitant ainsi l’urbanisation et le développement domiciliaire.  C’est Joseph Vekteris, un Montréalais d’origine lituanienne qui a acheté à l’automne 1948 la terre de 120 arpents du lot 397 situé au bout du faubourg Lapointe . Épaulé par son épouse Valeria Pilvalis, ils prévoient exploiter la ferme et y élever leurs deux enfants Joseph et Denise. Dès le début des années 1950, ils ont rapidement érigé une digue pour aménager un premier étang à même le lit du ruisseau Lapointe : le lac Henri du prénom du saint patron de la municipalité.
 
Situés au bout de l’avenue Lapointe, les deux étangs du lac Henri sont bien visibles sur cette photo aérienne prise en 1964; le deuxième étang à droite ayant été aménagé au début des années 1960. Au nord, on aperçoit bien en ligne droite, quelques-uns des chalets construits par Joseph Vekteris, père.
(Photo aérienne de 1964, Q64524-069, ministère des Ressources naturelles du Québec.)

Les vacanciers de Montréal louaient pour la saison estivale la trentaine de petits chalets de bois construits non loin des berges du lac.  La plage était également accessible aux non-résidents pour la modique somme de 10 cents; les jeunes du village évitaient de payer en courant à travers champs jusqu’à la plage, après avoir caché leur vélo dans le fossé!
 
 

Devant le chalet de la famille Laflèche, été 1983
(Photo: Ville de Mascouche / Collection Huguette Lévesque-Lamoureux, Collection Madame Madeleine et Monsieur Henri Laflèche)
 

La baignade dans l’eau froide du ruisseau était encore plus rafraichissante les journées de grande canicule. Les jeunes se poussallaient à qui mieux mieux pour plonger à partir des trois radeaux flottants, dont un était strictement réservé aux résidents.

Plusieurs quais étaient aménagés sur le lac Henri et permettaient aux vacanciers de profiter pleinement des joies de la baignade.
Photo: CollectionVille de Mascouche / Huguette-Lévesque-Lamoureux
 
Gilles Beaudoin, fils d’Armand et Darquise Sarrazin de Mascouche
(Photo: Collection Comité du 250e de Mascouche.)
 
On en profitait aussi pour rencontrer les gens de la ville : la salle de danse donnait lieu à des premières rencontres et quelques baisers volés au gré des « slows » de l’époque.
 
À l’arrière, la salle de danse du lac Henri, été 1983
(Photo: Ville de Mascouche / Collection Huguette Lévesque-Lamoureux, Collection Madeleine et Henri Laflèche)
 
Au début des années 1960, un deuxième étang a été creusé à proximité du premier. Au décès de son père en 1971, Joseph fils a continué les activités commerciales de la famille Vekteris au lac Henri jusqu’à ce qu’il s’en départisse définitivement à la fin de l’été 1989 . Les nouveaux propriétaires verront graduellement les activités de villégiature péricliter jusqu’à ce qu’ils vendent le tout à la Ville de Mascouche au printemps 1986.
 
Le fait d’avoir conservé la vocation initiale du lac Henri comme lieu de villégiature sans morceler ce vaste territoire a permis de protéger la forêt environnante et d’éviter son urbanisation. Cela aura été la bougie d’allumage qui a rendu possible la réalisation par la Ville de Mascouche du parc du Grand Coteau. 
 
 
Mme Sylvie Normand et sa soeur aimaient beaucoup la baignade au Lac Henri de Mascouche.
(Photo: Collection Ville de Mascouche / Huguette-Lévesque-Lamoureux)
 
 
Au loin on distingue quelques chalets qui étaient installés sur le bord de la plage Henri.
(Photo: CollectionVille de Mascouche / Huguette-Lévesque-Lamoureux)
 
 
Lac Henri.
(Photo: Collection Comité du 250e de Mascouche.)
 
 
Résidence qui se trouvait tout près de la plage Henri. Photo prise vers 1971.
(Photo: Collection Ville de Mascouche / Huguette-Lévesque-Lamoureux)
 
 
Certains Mascouchois se rappellent encore de ''la maison du Lac Henri'' qui a été démolie depuis pour laisser sa place au petit pavillon de l'étang du Grand-Coteau.  Photo prise en 1999.
(Photo: Collection Ville de Mascouche / Huguette-Lévesque-Lamoureux)
 
 
Avant 1996, dans la zone du parc actuel, les terrains appartenaient en totalité à des propriétaires privés. Nulle propriété publique ne s’y dessinait à l’époque. À la fin des années 1990, la ville a entamé des négociations avec Hydro-Québec et les autres propriétaires des terrains autour du parc. Cela allait de l’autoroute 640 jusqu’au chemin Sainte-Marie; c’est le début du projet du parc.
 
De 2006 à 2008, la ville transfère alors les sentiers pédestres, de ski de fond et de raquette, qui auparavant étaient situés du côté du domaine seigneurial, dans la nouvelle zone du parc appartenant à la municipalité. En 2009, c’est le début des aménagements des sentiers et des zones récréatives avec jeux d’eau, modules, mobilier et éclairage ainsi que le petit pavillon.
Le petit pavillon du parc du Grand-Coteau.
Crédit: Arbour Photographe
 
Le parc du Grand Coteau est un espace vert d’envergure et il est la propriété uniquement de la Ville de Mascouche. 
 
Quelques chiffres :
191 hectares de boisé et de milieux humides
7 plans d’eau protégés et un ruisseau sinueux
5 km du nord au sud soit 3 heures de marche à pied
134 espèces d’oiseaux, avec entre autres, canard, héron, paruline des pins, buse à épaulette.
Forêt naturelle comprenant des essences nobles matures telles : chêne, pin, érable ainsi que des arbustes, aulne et cornouiller. 
 
 
 
Recherches historiques et iconographiques : Jean-Claude Coutu, Société d’histoire de Mascouche, novembre 2015.
 

Porte de la banque provinciale

Recherche de Jean-Claude Coutu

La maison Frédérick Dalpé dit Pariseau située au 2978 chemin Sainte-Marie à Mascouche
 
Premier propriétaire : avec une touche victorienne, cette maison construite avant 1885 tient son nom de Frédérick DALPÉ dit PARIZEAU, bourgeois, et président de la Commission scolaire de Saint-Henri de Mascouche de 1881 à 1883. Il l’a occupée jusqu’à son décès en 1899, à l’âge de 70 ans et a été inhumé dans la crypte de l’église Saint-Henri.
Suzanne Claveau, huile sur masonite, 61 X 91,4 cm, 2008
Collection Jean-Claude Coutu
 
La dévotion à la Sainte Famille à Mascouche
 
La dévotion à la Sainte Famille était une pratique religieuse établie en France au 17e siècle et introduite très tôt en Nouvelle-France par Mgr François de Laval :  Cette dévotion a vu sa faveur croître et se répandre à l’annonce de la naissance prochaine d’un héritier au trône de France. Le 5 septembre 1638, naît le futur roi, Louis-Dieudonné, quatorzième du nom. Le miracle de sa conception tardive (après vingt ans de mariage) est bien vite associé à la nativité du Christ. Jésus est, dès lors, représenté comme un petit enfant-roi dans les bras de sa mère, tous deux couronnés, ce qui sanctifie en quelque sorte la
famille royale et se matérialise en dévotion à la sainte Famille.
© Musée de la civilisation 2005
 
Comme bien d’autres familles mascouchoises, Frédérick Dalpé dit Parizeau, son épouse Vitaline Allard et leur fils adoptif Basile y adhèrent religieusement. Au bas de l’image sainte, on peut y lire :
 
La famille Frédérick Dalpé dit Parizeau s’est
consacrée
À LA STE FAMILLE DE JÉSUS MARIE JOSEPH
À St-Henri-de-Mascouche le 16 avril 1893
Le Curé Directeur
L. J. Lauzon Curé
 
 
 
La première institution financière de Mascouche : la Banque Provinciale (1908-1949)
 
Deuxième propriétaire : marié à Anathalie (Vitaline) ALLARD, Frédérick avait fait donation de la demeure en 1897 à leur fils adoptif Basile ALLARD, le demi-frère de son épouse. Cette dernière va demeurer dans la maison même après le mariage de Basile en 1900 avec Évelyne DUPRAS jusqu’à son décès à l’âge de 80 ans en 1914.  Héritier de la résidence familiale, Basile y a ouvert en 1908 la première banque de Mascouche, une succursale de la Banque Provinciale de Terrebonne.
 
À la suite du hold-up, Basile a été remercié en septembre 1947 mais réengagé en décembre. Il s’est retiré le 10 janvier 1949 après 40 ans et 14 jours de bons et loyaux services!  Quant aux deux malfaiteurs, ils auraient écopé de la prison : 23 mois pour Brazeau et 3 ans pour Girard.  Basile a également été percepteur des comptes pour la Compagnie d’aqueduc de Mascouche, secrétaire trésorier de la commission scolaire et de la municipalité de Saint-Henri de Mascouche ainsi que trésorier du Comité des fêtes de 1910 et maître-chantre à l’église paroissiale durant 22 ans.
 
La banque Provinciale déménage au 2911 chemin Sainte-Marie (1949-1968)
Collection Claude Allard
Claude ALLARD et son grand oncle Basile devant la banque, vers 1948
 
La maison familiale de Marcel ALLARD et Germaine RENAUD
 
Troisième propriétaire : En 1950, tout en y demeurant jusqu’à son décès quatre années plus tard, Basile cède la propriété à son petit-neveu Marcel ALLARD qui y résidait avec sa famille depuis le printemps 1930. Marcel était alors livreur de pains à la boulangerie d’Émile DUVAL et la maison a été agrandie par l’arrière pour répondre aux besoins de la petite famille qui comptera deux enfants, Claude et Nicole.  En 1958, Marcel a démissionné à mi-mandat du poste de conseiller municipal pour soumissionner et obtenir quelques contrats de déneigement pour Mascouche et les environs. Gilles FOREST lui a succédé à titre de conseiller municipal avant d'être élu maire en 1966. La charrue à neige et l’équipement étaient entreposés dans l’immense hangar de la maison.
 
 
Quatrième propriétaire : en 1968, Germaine RENAUD a hérité de la maison au décès prématuré de son époux Marcel. Très active, elle a été pendant de nombreuses années la cuisinière fort appréciée des prêtres de la paroisse Saint-Henri.
 
 
De 1974 à 1976, les pièces avant de l’ancienne banque ont été louées pour servir d’étude au jeune notaire François DUVAL qui exerce aujourd’hui à Terrebonne.
 
La porte ancestrale du 2978 chemin Sainte-Marie
 
Cinquième propriétaire : bien qu’elle ait vendu la résidence en 1982 à Hervé ARSENAULT, madame ALLARD y est demeurée jusqu’à son décès en 1995 à l’âge de 78 ans. Depuis, divers locataires ont occupé la maison du 2978 chemin Sainte-Marie dont le propriétaire est toujours monsieur ARSENAULT. Par le passé, les fenêtres de bois d’origine de la propriété avaient été remplacées par d’autres en acier. Exploitant une entreprise de portes et fenêtres en aluminium, monsieur ARSENAULT a cru bon vers 1985 de remplacer de nouveau les diverses ouvertures de la vieille propriété par un produit plus performant. La vieille porte de bois sculptée qui ornait l’entrée principale à l’avant a été mise au rancart.  Malgré cela, monsieur ARSENAULT a depuis maintes fois refusé de s’en départir ou de la vendre à un antiquaire. Toutefois à l’été 2009, Jean-Claude COUTU de la SODAM Patrimoine l’a convaincu d’offrir gracieusement la porte ancestrale à la Ville de Mascouche pour sa conservation, sa restauration et sa mise en valeur à des fins patrimoniales.

Bien des Mascouchois et Mascouchoises ont franchi la porte de la première banque de Mascouche de Basile Allard entre 1908 et 1949 et de l’étude du jeune notaire François DUVAL de 1974 à 1976.
 
 
Recherches historique et iconographique : Jean-Claude Coutu, septembre 2009 / révision août 2013

Porte du manoir seigneurial

Recherche de Jean-Claude Coutu

Après avoir acquis le Domaine seigneurial de Mascouche en 1930, madame Hazel B.-Colville a fait appel à l’architecte de renom Ernest Isbell Barott pour restaurer le manoir.  Le nouvel aménagement était particulièrement soigné, voire luxueux et raffiné. Des boiseries et de fines moulures de plâtre ornaient les murs de chacun des appartements somptueusement pourvus de meubles et de fauteuils provenant d’Europe. Des robinetteries dorées, de moelleux tapis importés, de riches rideaux tissés sur commande, de magnifiques tableaux anciens et d’exotiques tapisseries complétaient l’aménagement.  Chaque pièce était dotée d’un foyer au manteau de cheminée richement paré, aux jambages et au linteau de marbre.  Ainsi, la chambre à coucher sous les combles était garnie d’une alcôve et d’un âtre daté de 1707 acheté en Angleterre.  Voir photo ci-dessous.

Fonds Dyson Moore
 
Dans la grande salle au centre du manoir, cinq portes donnaient accès à toutes les autres pièces du deuxième étage. Ayant un pied-à-terre à Rome, la châtelaine de Mascouche avait rapporté d’Italie une de celles-ci tout à fait exceptionnelle.  C’est une imposante porte de chêne aux motifs soigneusement sculptés. Tel un blason, le panneau central est garni de feuilles de chêne, avec en son centre un renard au milieu de tout un arsenal de chasse. Bien que suspendue par une des pattes arrière, la bête apparaît à l’aguet, curieusement la queue levée, ce qui en héraldique la distingue du loup qui a toujours la queue
pendante.
Le renard est aussi le symbole de la ruse et de la subtilité. Les familles qui le représentent sur leurs armoiries le font en mémoire de quelque victoire remportée sur l'ennemi par un stratagème heureux. Finement ciselées autour de l’animal et en croisée, on aperçoit diverses armes de chasse : un fusil et sa poire à poudre, une épée, un couteau, un collet, un lacet, etc.
 
Ci-dessous, la porte photographiée au manoir de Mascouche; à gauche, le buste de Pierre Le Gardeur agrémente aujourd’hui la Bibliothèque municipale de Mascouche.

Photo Jean-Claude Coutu, 1989

En 1954, la millionnaire de Mascouche a vendu le Domaine à l’Institut des Frères Saint-Gabriel, mais l’ameublement, les lampes, les tableaux, les statues, les pare-feu, les tapisseries et autres décorations de la gentilhommière avaient été conservés par la châtelaine ou cédés à des antiquaires. Malgré tout, d’intéressants éléments garnissant les pièces étaient restés pour rappeler la magnificence des lieux.
Lorsqu’aux fins de la nouvelle vocation éducative, les frères ont construit le juvénat attenant au manoir seigneurial, ils ont enlevé les deux superbes grilles de fer forgé qui ne comportent aucune soudure. Elles gardaient l’entrée principale du Domaine et dans un passé plus lointain, possiblement celle d’un château de Normandie.  Elles ont été prêtées au Musée d’art de Joliette et en ornent aujourd’hui le vestibule.
 
Lorsque les religieux quittent à leur tour le Domaine en 1988, les grillages déposés au musée et la lourde porte de chêne qu’ils emportent avec eux sont exclus de la vente. Cependant, deux ans après, les frères ont accepté de prêter la porte pour des fins d’exposition au Manoir, au nouveau propriétaire, la Société immobilière Pierre Le Gardeur. Ce n’est qu’au moment de l’acquisition du Domaine par l’Université du Québec à Montréal en 2003, que la congrégation religieuse a appris que la porte patrimoniale n’était plus là!
Ci-dessous, l'entrée du manoir vers 1932.
 
Collection Denise Cloutier
 
« À l’automne 2005, poursuivant mes recherches pour la publication de « La millionnaire de Mascouche / Le manoir seigneurial de 1930 à 1954 », l’archiviste de la Communauté m’informe de sa disparition.
Retrouver et récupérer cette porte représentaient pour moi un nouveau défi.
Un an plus tard, à force de questionner à gauche et à droite et d’interroger un peu tout le monde, je l’ai enfin retracée. À la suite du décès du président de la Société immobilière Pierre Le Gardeur, la famille Chartrand avait tenté sans succès d’identifier son propriétaire et depuis en assurait scrupuleusement la garde.  Comme l’espéraient les Frères de Saint-Gabriel, une entente a permis d’en transférer la propriété à la Ville de Mascouche qui s’est engagée à préserver ce précieux héritage. »
 
Cette porte est désormais exposée à l'intérieur de la salle du conseil municipal de Mascouche.
 
 
 
Recherches historiques et iconographiques: Jean-Claude Coutu, novembre 2013
 

 

Salle du conseil municipal

Recherche de Jean-Claude Coutu

Un bâtiment de ferme de la fin du 19e siècle

À l’automne 1886, la Communauté des sœurs de la Providence achète une partie de la pierre de la vieille église démolie pour faire place à la nouvelle église paroissiale de Saint-Henri de Mascouche.

Avec les cinq toises déjà données par la Fabrique, la construction d’un bâtiment de pierre de 86 pieds sur 31, «quelque chose de très jolie apparence» sur le terrain voisin du couvent a été terminée à l’automne 1888. Il comprenait un hangar, une glacière, une dépense, une laiterie, un hangar à grains, un hangar à bois et une remise pour les voitures.1

Plan modifié en juin 1915, Archives financières de la Providence/Photo Jean-Claude Coutu, 22 septembre 2005

 

L’incendie de 1944
 
L’ouvrage grandement ravagé par un incendie à l’été 1944 a été rapidement reconstruit. 2
Lorsqu’en 1965, les religieuses ont remis le couvent à la Fabrique Saint-Henri, cet édifice qu’il ne faut pas confondre avec l’ancienne porcherie, n’avait plus ses fonctions originales. En fait, le tiers avant de l’édifice servait de cuisine d’été pour les hommes qui logeaient au couvent et qui y passait la saison estivale à la fraîche, à fumer et jouer aux cartes ou aux dames. L’autre partie était encore utilisée comme hangar à grains et remise pour les voitures. Il y avait deux grandes portes qui correspondent aujourd’hui aux fenêtres du côté droit en entrant dans la salle du Conseil municipal.

Le bâtiment à l’hiver 1976 ou 1977, peu avant sa restauration.  Comité des fêtes du 250e de Mascouche

Le garage municipal (1968-1976)

En mai 1968, la paroisse a loué l’édifice à la municipalité pour 55$ par mois pour un bail initial de 20 mois, pour y aménager temporairement un garage municipal. Même après l’achat du couvent par la ville en 1972, le contremaître Georges L’Heureux et les employés de la voirie y sont restés, jusqu’au déménagement en février 1976 dans le nouveau garage municipal situé depuis au 3394 chemin Sainte-Marie. 3

La nouvelle salle du conseil le jour de l’inauguration du nouvel Hotel de ville, Ville de Mascouche / Photo : Huguette Lévesque-Lamoureux, 5 novembre 1978

La salle du conseil et la cour municipale (depuis 1978)

Lorsque le conseil municipal de Mascouche a décidé de rénover le vieux Couvent, il a donné une nouvelle vocation à ces murs séculaires tout en leur redonnant leur fraîcheur originale. Ils vont abriter dorénavant la nouvelle salle du conseil. La première séance du conseil dans ces lieux s’y est tenue le 6 novembre 1978. 4

« Comme vous le savez tous, c’est hier qu’avait lieu l’inauguration du nouvel hôtel de ville et de la nouvelle salle municipale. Cette inauguration officielle a été faite sous la présidence de Mgr René Audet, évêque de Joliette, qui, à cette occasion, a procédé à la bénédiction des deux immeubles.

Dans quelques minutes, nous débuterons la première séance du conseil municipal à être tenue dans ce nouveau local. Les personnes qui ont assisté antérieurement aux séances du conseil dans l’ancienne salle située au 2934, rue Dupras comprendront sûrement notre fierté de siéger ce soir dans cette salle qui, disons-le, possède un cachet bien particulier.

C’est donc ici désormais que seront ratifiées les décisions du conseil municipal, décisions que nous nous efforçons toujours de prendre pour le plus grand bien de la communauté mascouchoise en son entier.

Nous tenons donc à apporter une note un peu spéciale à cette première séance et c’est pourquoi nous vous invitons tous, après cette dernière, à prendre un vin d’honneur avec nous et à signer le livre d’or de la Ville de Mascouche. »

La cour municipale qui a compétence en matière criminelle, pénale et civile va y siéger également.

La salle du conseil de ville est également un lieu privilégié pour tenir diverses assemblées de citoyens, des réceptions, des conférences de presse et des expositions diverses. Par exemple, à l’automne 1989, le Comité Georges – Delfosse, a inauguré le premier Festival de peinture de Mascouche et on y a exposé annuellement les toiles des artistes invités jusqu’en 2008.

1 « Nous avons fait commencer l’automne dernier la construction d’un beau bâtiment de 86 x 31. Cette bâtisse sera en pierres. Nous avons pour cela acheté, à bien bon marché, une partie de la pierre de la vieille église, ce qui, avec cinq toises que nous a données la Fabrique, nous permet de construire un bâtiment de très jolie apparence. » (28 juin 1887)

« Notre mission est dans un état relativement prospère. Notre petite ferme bien cultivée nous donne un bon profit, ce qui joint aux revenus du pensionnat et des classes nous permet de faire honneur à nos affaires; malgré nos dettes, nous nous croyons encore en état de faire certaines améliorations. » (juillet 1887)

« Le nouveau bâtiment est maintenant tout à fait terminé; il comprend une glacière, une dépense, une laiterie, un hangar à grains et un hangar à bois puis une remise pour voitures. » (19 novembre 1988)

Source : Archives Providence, extraits des Chroniques M18.37 Providence Saint-Henri, Mascouche 1853-1989.

2 « Dans la nuit du 5 au 6 août, nous sommes éveillées vers minuit moins un quart par le tocsin. Quelle catastrophe!

Toute une bâtisse en feu! celle qui logeait les vieillards, qui servait de dépenses de la cuisine et une partie pour les hangars. Le poulailler qui était attenant a aussi été brûlé; les poules ont été sauvées. Si ce n’eût été notre nouvelle malade qui demanda du secours, le couvent et les autres dépendances y auraient probablement passé. Ce n’est que vers deux heures et demie que l’incendie fut contrôlé grâce au dévouement des pompiers de l’Épiphanie et surtout des paroissiens qui se donnèrent sans compter. Monsieur le Curé lui-même vint soutenir notre courage par d’abondantes bénédictions ainsi que ses deux vicaires. Nos sincères remerciements à toutes les personnes qui nous ont porté secours. » (5 août 1944)

« Aujourd’hui, les ouvriers arrivent pour commencer la construction de la bâtisse incendiée au commencement d’août. Nous souhaitons bon succès dans cette entreprise, laquelle, nous l’espérons sera vite achevée. » (25 septembre 1944)

Source : Archives Providence, extraits des Chroniques M18.37 Providence Saint-Henri, Mascouche 1853-1989.

3 Transcription libre de Jean-Claude Coutu d’une conversation téléphonique avec Gilles Forest le 16 septembre 2005.
 
4 Propos tenu par M. Le Maire avant l’assemblée du 06/11/1978.
SÉANCE RÉGULIÈRE du conseil municipal de la Ville de Mascouche tenue le 6 novembre 1978 à 8 :30 hres p.m. au 3036, rue Ste-Marie, nouveau lieu des séances à laquelle sont présents MM. Les Conseillers RAYMOND TRUDEL, THOMAS WOOD, JEAN-LOUIS LEMAY, RAYNALD LECLERC, MAURICE TURCOT et LÉO DUPUIS formant quorum sous la présidence de Monsieur le Maire GILLES FOREST.
Monsieur le Gérant ANDRÉ DE MARBRE et Mlle COLETTE MARION’ greffier, sont aussi présents.
Source : Extraits du Livre des délibérations de la Ville de Mascouche

Recherches historiques et iconographiques: Jean-Claude Coutu, novembre 2011

Salle publique et municipale

Recherche de Jean-Claude Coutu

La salle municipale est rapidement devenue le centre névralgique de la vie socio-culturelle de la paroisse

Croquis réalisé à partir de Google Street View, juin 2009
 
Le premier édifice municipal de Mascouche a été érigé à l’automne 1916 près de l’église, sur la rue “Nouvelle” ouverte l’année précédente, sur un terrain acheté de la famille Dupras.  La salle paroissiale a été construite par l’entrepreneur mascouchois Rodrigue Lapointe, d’après les plans de l’architecte montréalais Charles-Aimé Reeves.  
C.-A. Reeves (1878-1948), Photo : Montreal Old and New, 1915
 
 
Chapeautée d’un clocheton d’inspiration victorienne, la bâtisse en briques de 70 x 35 pieds a deux étages :
  • le rez-de-chaussée de 9 pieds de haut pour le logis d’un gardien;
  • le deuxième étage de 14 pieds de haut dont la salle est munie d’une scène de théâtre.
Transportée par corvée, la brique de sable des murs extérieurs était une gracieuseté de la Briqueterie Harding du rang St-Pierre qui a reçu en contrepartie, une exemption de taxes municipales pour quinze ans !  Le nouvel édifice a été inauguré lors de l’assemblée régulière du conseil municipal du 4 décembre 1916.  À l’automne 1920, le rez-de-chaussée a été aménagé pour accueillir quelques classes temporaires durant la construction du nouveau collège La Mennais. On fera de même après l’incendie du collège en 1952. Dès la fin des années 1920, le Dr Gérard Mathieu y a fait des autopsies et par après, l’unité sanitaire des cliniques de vaccination, avant d’être transformé en atelier de couture de vêtements pour enfants de la compagnie Junior Deb, de 1956 à 1978.
 
Le personnel de la briqueterie vers 1916, Collection Jean-Claude Coutu
 
Dr Gérard Mathieu (1891-1965) vers 1919, Collection Luce Duval
 
C’est au deuxième étage que le conseil et la cour municipale tenaient leurs réunions jusqu’en 1978, et celles de la Commission scolaire à l’occasion.  Lors d’assemblées électorales, les politiciens tant municipaux que provincial et fédéral y discouraient et on y tenait même le bureau de votation.
 
Des tôles décoratives embossées paraient le plafond et les murs du 2e étage (photo ci-dessous).
 
   
Photos : Jean-Claude Coutu, 29 avril 2008
 
La salle pouvait accueillir jusqu’à 400 personnes à la fois et servait souvent de salle de réception et de banquet pour les mariages, les ordinations, les funérailles.  Les diverses organisations de loisirs et les clubs de sports, les coopératives et les associations agricoles, les organismes de bienfaisance, les élèves du couvent et du collège, tous y organisaient une multitude d’événements : assemblées, conférences, soirées dansantes et récréatives, concerts, spectacles amateurs et matchs de lutte, bazars, kermesses, tombolas, expositions, parties de carte et bingos, vues animées, cinéma et théâtre !
 
25e anniversaire de mariage de Marie-Jeanne Beauchamp et Rosaire Beauregard en janvier 1960
Fonds Ville de Mascouche / Huguette Lévesque-Lamoureux Collection Simone Raymond-Beauregard
 
    
Soirée de théâtre par le Cercle de Mascouche à la salle municipale, le 21 mars 1921
Collection Thérèse Chaput-Mousseau
 
Comité du 250e anniversaire de Mascouche
 
En 1978, après la fermeture de l’atelier de couture et l’implantation de la nouvelle salle du conseil à l’hôtel de ville, l’édifice de la rue Dupras a été converti pour les besoins du service des loisirs de la ville.  Dès lors et au cours des années suivantes, le rez-de-chaussée du Centre récréatif va abriter divers organismes communautaires de Mascouche : l’Association féminine d’éducation et d’action sociale (Afeas), le Club de l’âge d’or de Mascouche-Centre, les Chevaliers de Colomb Conseil 747, les Cadets de l’air Escadron 757 Optimiste, le club de photographie Prise 1, le club de pétanque, la section locale 2118 du Syndicat des cols blancs SCFP, etc.
 
En plus de servir de salle de réunions, le deuxième étage a été utilisé comme salle de cours pour l’école de danse de Josée Forest et pour l’école de karaté d’André Raymond, jusqu’à sa fermeture définitive au milieu des années 1990, pour des raisons de sécurité.
Devenu désuet et dangereux, le Centre récréatif a été démoli le 7 juin 2010 pour faire place à l’entrée principale du nouveau Centre sportif René-Lévesque.
 
Photo : Jean-Claude Coutu, 17 mai 2010
 
Photos : Gérald St-Amour, 7 juin 2010
 
Photos : Gérald St-Amour, 7 juin 2010

Photo : Google Street View 2011

 

Recherches historiques et iconographiques: Jean-Claude Coutu, mars 2015

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