Patrimoine

Le Volet patrimoine de la SODAM est reconnu comme la Société d'histoire de Mascouche par la Fédération des sociétés d'histoire du Québec et a pour mission d’animer les différents plateaux de la ville par le biais de la diffusion, de la production, de l’édition, de l’éducation et de la promotion du patrimoine mascouchois mais a aussi comme objectif d’intervenir à différents niveaux afin d’assurer sa sauvegarde et sa mise en valeur.

 

Consultez nos pages web sous l'icône «Patrimoine» pour connaître nos faits et gestes.

 

Activités à venir

Pour de plus amples informations sur les activités de notre programmation 2017, consultez les différents onglets sous l'icône Patrimoine.

 

 

La murale de la boucherie Patenaude

Le 5 juillet 2016, la Ville de Mascouche procède à l'inauguration de sa toute première murale historique située sur le mur du restaurant Pizza Maximum, parallèle à la rue Dupras, au coin du chemin Sainte-Marie. La Société d'histoire de Mascouche a effectué les recherches historiques et iconographiques avec l'aide précieux de son historien bénévole Jean-Claude Coutu.

La scène se déroule en plein cœur du village de Mascouche.  C’est ici même qu’Ovila Patenaude tenait boucherie dans ce bâtiment, appartenant à sa mère Philomène Beauchamps, situé au coin des rues Dupras et Sainte-Marie entre 1933 et 1940. Mme Beauchamps était aussi la mère de Wilfrid A.-Bohémier qui fût durant de nombreuses années gérant de la Caisse populaire de Mascouche, secrétaire-trésorier de la municipalité ainsi que maire de Mascouche de 1962 à 1965.
 
Sur la murale, on aperçoit Almazor Allard, charretier, chauffeur de taxi et livreur de ‘’malle’’ de Mascouche, saluant de sa casquette les villageois passant par là.  Parmi eux se trouve Gérard Mathieu, médecin de Mascouche de 1919 à 1951, qui a aussi été coroner du comté de l'Assomption ainsi que le curé Félix Poirier qui se chargea de la cure de Mascouche de 1931 à 1937. On retrouve aussi Uldaric Corbeil, voisin arrière de la boucherie qui fût élu plusieurs fois conseiller municipal et maire de Mascouche et qui a été propriétaire avec son frère Calixte du domaine seigneurial de Mascouche durant 50 ans jusqu'à la vente en 1930.  Enfin, on reconnait Sœur Pierre-l’Ermite, entièrement dévouée aux tâches d'économe du couvent des Sœurs de la Providence de Mascouche de 1923 à 1947 et de fermière sur la ferme que les religieuses possédaient au sortir du village.
 
En 1940, Wilfrid A. Bohémier, le demi-frère d’Ovila Patenaude tenait déjà une épicerie de l’autre côté du pont. Il a racheté la boucherie d’Ovila et la résidence pour venir en aide à sa mère Philomène Beauchamp qui éprouvait alors de sérieuses difficultés financières. La famille a quitté Mascouche et Ovila est parti travailler à la Canada Packers de Montréal jusqu’à son décès en 1973. En 1943, M. Bohémier a été nommé gérant de la nouvelle Caisse populaire de Mascouche qu’il a déménagé dans son logement attenant à l’étal de boucher. Par la suite, il a été durant de nombreuses années, gérant de la caisse, secrétaire-trésorier de la municipalité ainsi que maire de 1962 à 1965. 
 
En 1946, le commerce et la résidence sont vendus à Arthur Janson, qui a exploité à son tour la boucherie.  C'est lui qui aurait construit l'édifice actuel peu après l'incendie de 1951. En 1954, Marcel Duval l'a acquis et va l'exploiter sous la bannière des marchés d'alimentation Richelieu. En 1974, devant la forte croissance nécessitant un plus vaste local moderne, l'épicier et boucher a déménagé sur le chemin Saint-Henri.
 
Par un curieux hasard, le site de l’ancienne boucherie Patenaude a alors été racheté par Roland Chaput, un des petits-fils de Philomène Beauchamp pour y exploiter un dépanneur, la Tabagie Roland. Loué et revendu à plusieurs reprises sous ce nom, le restaurant Pizza Maximum s’y est installé depuis la fin des années 1990 jusqu’à aujourd’hui.
 
Cette scène illustrant les voisins immédiats de la boucherie Patenaude se veut un hommage à nos ancêtres qui ont su bâtir un village qui n’a cessé de prospérer avec le temps.
 

                          

                                                          La boucherie Patenaude dans les années 1930

 

Ovila Patenaude

Au fond, Ovila va bientôt ouvrir la lourde porte de la glacière pour rapporter sur son épaule un énorme quartier de bœuf qu’il va lancer pesamment sur l’étal du boucher. Après avoir affuté ses couteaux, il va habilement désosser méticuleusement la pièce de viande pour en ressortir un rôti ou encore d’appétissantes tranches de steak, qu’il va déposer sur un papier ciré et envelopper de deux épaisseurs de l’Action populaire de Joliette de la semaine passée, ainsi prêtes à être livrées avec le reste de la commande téléphonique. Eh oui! Vous pouviez le rejoindre en demandant le 46 à la réceptionniste, une des filles d’Herménégilde Locas, le propriétaire de la Compagnie de téléphone de Saint-Henri-de-Mascouche. 
 
 

 

Philomène Beauchamps

La mère d’Ovila, Philomène Beauchamp, qu’on aperçoit à la fenêtre de la résidence s’était mariée trois fois et était devenue consécutivement madame Bohémier, Patenaude et Lortie. Elle demeurait sur le chemin Saint-Henri, un peu avant Saint-Pierre. À l’automne 1932, elle a acheté cette propriété d’Oscar Dupras, un ancien maire et président de la commission scolaire de Mascouche, celui-là même qui avait ouvert la rue Nouvelle. L’ancienne boutique de forge située à l’arrière de la résidence est alors réaménagée pour permettre à son jeune fils, issu du deuxième lit et âgé d’à peine 21 ans, d’exercer son métier de boucher de 1933 à 1940. 
 
 

Dr Gérard Mathieu

 

À l’extrême gauche, le docteur Gérard Mathieu, aujourd’hui reconnu comme le dernier médecin de campagne de Mascouche, s’y était installé pour remplacer les deux docteurs Lamarche qui avaient quitté la paroisse peu de temps après la fin de la Première Guerre mondiale. Issu d’une famille de douze enfants de Lachenaie, ce n’est qu’à l’âge de 15 ans, qu’il a poursuivi ses études au Collège de L’Assomption pour éventuellement obtenir son diplôme à la faculté de médecine de l’Université de Montréal. Comme il l’a écrit : « J’étais le sixième et les autres étaient partis avant moi; j’suis resté pour aider mon père qui avait une grosse besogne, car il possédait une grande ferme avec huit chevaux et vingt à vingt-cinq vaches laitières. » Également coroner du comté de l'Assomption, il pratiquait ses autopsies au rez-de-chaussée de la salle paroissiale de la rue Dupras. Très impliqué dans la vie communautaire de Mascouche, il était aussi un des principaux organisateurs des soirées de loisirs qui avait lieu à l’étage.  Depuis 1934, il demeurait tout près d’ici, la maison qu’on voit de biais en face du presbytère. Ce matin de juillet 1936, il s’enquiert de l’état de santé de deux de ses illustres patients. 
 
 

Uldaric Corbeil

Le digne vieillard à sa droite n'est nul autre qu’Uldaric Corbeil. Sous les bons soins du Dr Mathieu, malgré ses 83 ans bien sonnés, sa santé resplendissante va lui permettre de vivre au-delà de 90 ans! 
Cet industriel a été propriétaire avec son frère Calixte du Domaine seigneurial de Mascouche durant 50 ans, où il exploitait les moulins à farine, à carder et à scie, alors que son frère cultivait.  Également maire de Mascouche au début du 20e siècle, cet ami du clergé a dénoncé avec vigueur le fléau de l’alcoolisme en refusant , entre autres, les permis de boissons aux hôteliers de la paroisse. Il est retraité depuis 1931 après avoir vendu le Domaine à une millionnaire, madame Hazel Beatrice Colville, le tout à un fort prix : imaginez 83 000 piastres! Ce qui équivaut aujourd’hui à près de 5 millions de dollars. 

Ce digne représentant de la bourgeoisie mascouchoise demeure juste derrière la boucherie d’Ovila Patenaude: le « château », cette magnifique demeure victorienne d’inspiration néo-gothique de onze appartements, construite en 1920 pour Alphonse Soucisse, un commerçant de beurre de Montréal, originaire de Mascouche. M. Corbeil l’avait acquise en 1928, pour la revendre un mois plus tard, avec un très bon profit il va sans dire, au docteur Mathieu, qui y avait aménagé résidence et bureau de médecin. Mais avec la crise économique de 1929, les patients n’étaient pas seulement malades, ils étaient aussi peu fortunés; ce qui a obligé notre bon médecin à rétrocéder cette fabuleuse maison. Et ce n’est qu’après avoir hérité d’une tante qu’on surnommait « la  vieille moutonne » qui s’était « donnée » au docteur, signifiant par-là qu’elle avait remis tout ce qu’elle possédait en échange de soins jusqu’à sa mort, qu’il avait pu finalement acheter la maison face au Sacré-Cœur. 
 
 

Le curé Félix Poirier

Mais le médecin était plutôt inquiet de la santé fragile de l’abbé Félix Poirier, curé de la paroisse depuis 1931, et qui se tient à la droite d’Uldaric Corbeil. Malgré les nombreuses visites de ce dernier au bureau du médecin qui, cigare au bec, recevait ses patients, l’été suivant, le prêtre a été admis à l’Hôpital de Joliette où il est décédé à l’automne alors qu’il n’avait pas encore soixante ans. Très attaché à ses fidèles  paroissiens, le curé Félix Poirier a été inhumé au nouveau cimetière de Saint-Henri-deMascouche sur l’ancien chemin de La Pachane, aujourd’hui la rue Dugas. 
 
 

Soeur Pierre L'Hermite

Quelque peu en retrait des trois hommes, comme il se doit, pour ne pas déranger en s’immisçant dans leurs conversations, la révérende mère Pierre-l’Ermite s’est consacrée à Dieu en 1915. Entièrement dévouée, elle exerce ses multiples talents au couvent des Sœurs de la Providence de Mascouche depuis 1923, où les six premières années, elle a enseigné aux  jeunes filles, tout en cumulant les postes de SODAM-Patrimoine directrice de l’externat, d’hospitalière auprès des vieillards et d’économe. 
Née Cléoda Lalonde, elle est issue d’une famille de cultivateurs de Coteau-du-Lac. Depuis 7 ans, elle met à profit son savoir-faire et son amour du terroir uniquement à ses devoirs d’économe et aux exigences de fermière et jardinière, sur la terre que les religieuses possèdent le long du chemin Sainte-Marie, non loin de la gare du village. À l’été 1935, elle n’a pas ménagé ses fatigues et ses pas, pour bien représenter la ferme à l’exposition agricole de l’Assomption, où elle a reçu 12 prix, dont 7 premiers prix dans diverses catégories touchant la qualité du troupeau, des céréales, des légumes variés, du beurre et des travaux manuels de fantaisie. Enthousiaste, Sœur Pierre-L’Ermite raconte que le mois passé, grâce à la générosité de Wilfrid Allard, un vieux qui pensionne au couvent, elle a pu remplacer un de leurs chevaux malade par « Black », un vigoureux cheval de trait, acheté 175 piastres chez Roland Turenne. 
Par ailleurs, élevant elles-mêmes leur bétail (veaux, vaches, cochons…), les bonnes sœurs ont sans doute eu comme souci de partager équitablement entre les deux bouchers du village, la saignée des bêtes et leur dépeçage, bien qu’une des filles d’Henri Aubin, l’autre boucher du village, soit une de leur consœur de religion. Après son départ de Mascouche en 1947, Sœur Pierre-l’Ermite a poursuivi sa vocation dans la région de Joliette. 
 
 

Almanzor Allard

Finalement à l’extrême gauche, saluant avec sa casquette, le sympathique Almanzor Allard. À cette époque, il demeurait dans la première maison de la petite rue à côté du magasin général de Donat Patenaude, aujourd’hui la rue Duval. Après avoir fait des études classiques au collège L’Assomption à la fin des années 1890, et cultivé durant quelques années la terre familiale, ce féru de matériel roulant de toutes sortes, a été dans un premier temps agent local de machines agricoles à Mascouche dans les années 1920. 
Mais c’est surtout comme charretier et chauffeur de taxi que durant de nombreuses années, en toutes saisons, avec ses deux chevaux, que ce soit avec son « boggie » ou en « sleigh » l’hiver sur patins, ou encore éventuellement en automobile de luxe, à l’arrivée des trains de passagers du C.P.R., il récupère la « malle » pour le bureau de poste et fait du taxi, tout en livrant le courrier rural, de maison en maison. Je n’insisterai pas longtemps pour vous convaincre que sa bonhomie opulente a dû en faire un client assidu de la boucherie. 
 

 

 

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